C’est le dernier revirement dans le bras de fer qui oppose le Conseil d’Etat et les syndicats autour du projet de budget 2021. En fin de semaine dernière, après avoir retiré sa proposition très critiquée de baisser le salaire des fonctionnaires de 1%, la ministre des Finances, Nathalie Fontanet, a haussé le ton. Elle a demandé au Cartel intersyndical de suspendre son préavis de grève du 18 novembre sous peine d’exclusion des négociations. Un ultimatum «incompréhensible et inacceptable» pour les partenaires sociaux, qui ont refusé net. Résultat: le dialogue est rompu avant que le moindre accord ait pu être trouvé. Le sort du budget déficitaire de 900 millions de francs repose désormais entre les mains du Grand Conseil, qui doit voter les 3 et 4 décembre prochain. 

En 2015, au plus fort de la contestation de la fonction publique, les parties étaient tout de même parvenues à un accord. Comment expliquer un tel blocage aujourd’hui, alors que Genève traverse la pire crise économique de son histoire récente? «En décidant de ne pas suspendre son préavis de grève dans l’attente de la fin des négociations, le Cartel s’est lui-même écarté de celles-ci», répond la conseillère d’Etat Nathalie Fontanet, qui déplore un «manque de respect et de responsabilité» vis-à-vis de la population. «Je regrette que le Cartel privilégie le jusqu’au-boutisme à un geste d’apaisement sans conséquence.»