Micheline Calmy-Rey, ministre genevoise des Finances, prépare le terrain: les comptes 1998 devraient surprendre en bien. La socialiste ne dévoile pas encore de chiffres, mais elle annonce déjà une amélioration des recettes fiscales et un impact mesurable sur les comptes des réformes engagées à l'Administration fiscale cantonale (AFC).

«Le fisc est censé être le bras armé de l'Etat. Or, depuis longtemps, ce bras était désarmé, l'AFC avait perdu son efficacité», résume Daniel Hodel, chef du service de l'impôt à la source. «Mais nous remontons la pente.» Une année après la découverte de l'ampleur de la gabegie au fisc et la reprise en main par la conseillère d'Etat, celle-ci a fait le point des réorganisations, hier, en compagnie de ses collaborateurs.

Systèmes informatiques fiabilisés, fichiers des contribuables mis à jour, central téléphonique adapté aux besoins, locaux rendus plus conviviaux: la liste des changements est hétéroclite. Pour le contribuable, le renforcement de la répression constituera une partie très visible des réformes. L'augmentation des contrôles, la restructuration des services du recouvrement des créances et du contentieux, l'engagement de personnel déploient des effets directs.

Gains considérables

En 1998, la réorganisation du service de recouvrement a permis de gagner 10 millions, celui du service de vérification, 6 millions. «Au service de l'impôt à la source, l'engagement d'une personne en avril dernier nous a permis d'encaisser 2 millions de plus», ajoute Daniel Hodel.

«Nous voulons rendre efficace le processus de recouvrement des créances autrefois trop lent», explique le chef de service, François Berset. Son but: pouvoir envoyer 4000 commandements de payer par mois, soit un doublement des possibilités actuelles, pour pouvoir rattraper les 27 000 dossiers en retard et traiter les 20 000 nouveaux cas annuels. «Tous ceux qui doivent de l'argent à l'Etat et qui peuvent payer doivent le faire, c'est une question d'égalité de traitement», ajoute Micheline Calmy-Rey.

Par ailleurs, un travail de fourmi a été fait pour répertorier les actes de défaut de biens disséminés dans plus de 200 classeurs. «En saisissant les actes de défaut de biens des personnes nées depuis 1938, nous sommes arrivés à plus de 62 000 pièces», explique le directeur général de l'AFC, Francis Walpen. «Nous allons maintenant les trier pour voir quel montant est récupérable.» L'année prochaine, promettent donc les responsables du fisc, les répercussions dans les comptes n'en seront que plus flagrantes.