Justice

A Genève, le braqueur de riches familles écope d'une peine massue

Le Tunisien, qui avait terrorisé ses victimes à leur domicile de Corsier et de Collonge-Bellerive, est condamné à 13 ans de prison. L’internement, réclamé par le procureur, n’a pas été prononcé

Treize ans. Une peine à deux chiffres pour un brigand, c’est assez rare. Mais Samir, de son prénom fictif, a fait fort en pénétrant cagoulé et armé au domicile de deux familles de la campagne genevoise, en terrorisant ses victimes, et en prenant à chaque fois un otage pour couvrir sa fuite. Ses antécédents catastrophiques, son ancrage dans la délinquance et son insensibilité à la sanction, ont poussé le Tribunal criminel, présidé par Vincent Fournier, à délivrer un message clair: «Ce comportement proche du grand banditisme ne saurait être toléré.»

Le ressortissant tunisien, domicilié à Bellegarde, bientôt 37 ans dont plus de la moitié passée derrière les barreaux, a été reconnu coupable d’une très longue liste d’infractions. Les juges retiennent également les menaces de mort proférées à l’encontre du directeur de Champ-Dollon, Constantin Franziskakis, qui a dû prendre des mesures en conséquence. Ce dernier n’obtient toutefois aucun tort moral, fût-il symbolique.

Pas incurable

La décision souligne encore la facilité avec laquelle Samir a récidivé à peine sorti de prison tout en opérant avec ruse, acharnement et grande détermination. «Rien ne l’a arrêté», ajoute le tribunal, et ses actes ont grandement atteint les victimes. Malgré une prise de conscience très relative, le prévenu semble désormais adhérer à un travail thérapeutique. Sa lourde peine de prison sera donc assortie d’une mesure de soins ambulatoires.

Ainsi, le tribunal écarte l’internement réclamé par le Ministère public. Les juges estiment n’avoir aucune raison de se départir de l’expertise psychiatrique qui conclut à la possible curabilité du prévenu et préconise un traitement durant l’exécution de la peine. La décision des juges rappelle aussi qu’un internement n’entre pas en considération tant que d’autres mesures moins extrêmes ne sont pas dénuées de chances de succès. Samir échappe au pire mais son avocat, Me Vincent Spira, annonce qu'il fera appel.


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