C’est un classique de la politique genevoise. Le canton a rendu publique sa politique de ressources humaines concernant la grève des femmes. Sans surprise, elle est à l’opposé de celle de la ville.

«Soutien du Conseil d’Etat à la journée d’action du 14 juin», annonce le résumé écrit du point presse hebdomadaire. Un soutien tout en nuances. Les collaboratrices et les collaborateurs pourront prendre part aux actions organisées par les départements. Des groupes de travail planchent sur le sujet depuis un certain temps, précise le président cantonal, Antonio Hodgers, qui promet notamment des discussions thématiques au sein des services. Le Vert a d’ailleurs rejoint l’International Gender Champions, une initiative onusienne visant à faire respecter le principe de parité. Il avait cédé la parole à la chancelière, lors de l’inauguration du Salon de l’auto, afin qu’une femme se fasse entendre dans le protocole.

Discrimination à visée non discriminante

Revenons à l’administration cantonale. Celles et ceux qui voudront prendre part aux manifestations à l’extérieur y seront autorisés. «Toutefois, une compensation en temps interviendra», dit le document. Enfin, le Cartel intersyndical de la fonction publique a déposé son propre avis de grève. Une retenue de salaire frappera les participants, «conformément au dispositif ad hoc mis en place pour de tels événements».

Plus flamboyante, Sandrine Salerno a annoncé mardi dans la Tribune de Genève que la municipalité de Genève avait décidé de donner congé à ses salariées, mais pas à ses salariés. Imaginative, la ville invente donc la discrimination à visée non discriminante. «Pour le Conseil administratif, il s’agit d’une chance de démontrer aux citoyennes et citoyens ce que signifie le désengagement des femmes, de favoriser la prise de conscience des enjeux de mixité», a justifié la conseillère administrative. Pour les enjeux de mixité entre le canton et la ville, on verra plus tard.