Pour Martine Brunschwig Graf, patronne des Finances genevoises, les mesures fédérales d'allégements fiscaux constituent un «coup de force» qui pourrait entraver les cantons dans leur politique fiscale. Mais la conseillère d'Etat nuance et salue les allégements concernant les droits de timbre, car «ils renforcent la place financière genevoise». Quant à la valeur locative, sa suppression aurait dû être liée à la suppression des déductions des intérêts. «Le canton est aussi favorable aux allégements concernant la famille, relève la libérale. Dans l'absolu, le référendum cantonal ne porte donc pas sur le principe d'allégements mais sur la façon de les introduire et les conséquences non évaluées.» Martine Brunschwig Graf n'exclut pas de soutenir la demande de référendum pour autant qu'il y ait une majorité parlementaire marquée et que celle-ci ne se dégage pas d'un clivage gauche-droite. La conseillère d'Etat ne cache néanmoins pas son inquiétude: «Les cantons, comme la Confédération, se trouvent aujourd'hui à un tournant concernant les dépenses qu'ils peuvent assumer dans la durée. Rationaliser, réorganiser, veiller à l'utilisation parcimonieuse des deniers publics est un devoir auquel nous ne pouvons ni ne devons échapper. En revanche, la conduite d'une politique coordonnée entre la Confédération et les cantons est indispensable dans nombre de domaines.» Faute de quoi le transfert des charges d'une collectivité à une autre sans véritable concertation provoquera une vraie «crise institutionnelle», selon la ministre qui jette un regard critique sur le rôle du Conseil des Etats: «Ce dernier ne joue plus depuis longtemps son rôle de Chambre des cantons, c'est regrettable et institutionnellement très préoccupant!»