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Affiches à Genève
© Paolo Battiston

Votation

A Genève, les citoyens coupent dans les avantages policiers

Le peuple a accepté la modification de la loi sur la caisse de prévoyance des forces de l’ordre et des gardiens de prison. Les arguments très émotionnels des syndicats n’ont pas fait mouche

Les policiers genevois devront désormais mettre la main au porte-monnaie pour rattraper les cotisations en cas d’augmentation de salaire liée à une promotion. Les syndicats des forces de l’ordre, qui combattaient cette modification de la loi sur leur caisse de prévoyance, n’auront pas réussi à convaincre, ni à diviser profondément l’électorat sur cette question hautement technique. Près de 59% des votants ont accepté de soulager l’Etat, et donc le contribuable, du financement d’une retraite très avantageuse pour ces fonctionnaires pas tout à fait comme les autres.

Lire aussi: La retraite des policiers genevois au cœur d’une âpre bataille

Des fronts hétéroclites

Le sujet était ardu, le débat très émotionnel et les fronts plutôt hétéroclites. D’un côté, le PLR, le PDC et les Verts appuyaient cette réforme voulue par le Conseil d’Etat afin de mettre un terme à l’inégalité entre membres de la fonction publique et faire au passage quelque 3 millions de francs d’économies par année.
De l’autre, les syndicats de police, appuyés par le MCG (qui a lancé un référendum), l’UDC, les socialistes et Ensemble à Gauche (qui a lancé un autre référendum), combattaient une loi assimilée à un effritement des plans de prévoyance et perçue comme une attaque contre une profession policière déjà trop malmenée.

Corde sensible

Une majorité des citoyens (avec un petit 37% de participation) ne s’est visiblement pas laissé influencer par des arguments relevant plus du chantage affectif que d’une analyse objective des avantages importants dont bénéficient encore les policiers par rapport au reste de la fonction publique.
Les syndicats des forces de l’ordre, qui ont été assez seuls à battre le pavé pour convaincre la population, pouvaient envisager un résultat plus serré. La campagne s’est déroulée alors que Pierre Maudet, chef du Département de la sécurité, très critiqué pour son voyage à Abu Dhabi, s’est fait plutôt discret sur ce thème. Le souvenir de la votation sur la réforme de l’organisation de la police nourrissait aussi cet espoir. Même si l’échec avait déjà été au rendez-vous pour les opposants lors du scrutin du 8 mars 2015, le peuple avait adoubé la nouvelle loi d’extrême justesse avec seulement 54 voix d’écart. Et une participation plus forte de 47%.

Sentiment d’amertume

Les perdants du jour sont évidemment déçus. François Baertschi, député MCG, estime toutefois que le taux de 41% d’électeurs ayant soutenu la police et les gardiens de prison (ceux qui sont encore affiliés à cette caisse de pension) n’est pas négligeable et qu’il faudra en tenir compte à l’avenir. Un futur qui inquiète Pablo Cruchon (EaG): «Le grignotage des acquis sociaux est en marche et ce vote risque de conforter ceux qui plaident pour la fin de certains avantages.»

En l’absence de Pierre Maudet, encore en déplacement, c’est Mauro Poggia qui s’est principalement exprimé sur le sujet. Le conseiller d’Etat s’est dit satisfait «d’assurer la cohérence du système et de mettre fin à une exception qui ne se justifiait plus» tout en comprenant «le sentiment d’amertume de ceux qui se voient raboter ce qui leur avait été accordé». Le gouvernement s’engage par ailleurs à affecter, dans son projet de budget 2019, l’intégralité de cette économie à une augmentation du nombre de policiers sur le terrain. A suivre donc.

Lire aussi: Le recours contre la brochure de votation sur la retraite des policiers est rejeté

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