Le différend qui oppose les deux composantes de la défunte Alliance de gauche à propos de l'utilisation de cette dénomination en vue des prochaines élections fédérales se poursuit. A l'échéance du délai fixé par les autorités genevoises, jeudi à 14 h, le Parti du travail (PdT) et Solidarités/Indépendants n'avaient toujours pas trouvé un accord.

Un nouveau délai a été fixé à ce matin par le gouvernement, en raison du dépôt d'un second recours demandé par le PdT. Celui-ci entend ainsi préserver ses droits dans l'hypothèse où le Conseil d'Etat viendrait lui interdire l'utilisation de la dénomination, dont il se considère comme le légitime détenteur depuis qu'il en a déposé la marque. Il est intéressant de relever que cette précaution juridique est intervenue dix jours après les élections administratives de mai dernier.

Cela n'est pas sans irriter Pierre Vanek, secrétaire de Solidarités: «Il est assez lamentable que le PdT réduise l'Alliance de gauche à une marque, alors qu'il s'agit d'une construction politique vivante. Au demeurant, cela ne change rien: la loi sur les marques autorise l'utilisation d'une dénomination à qui peut démontrer l'avoir utilisée avant le dépôt légal de celle-ci.»

On notera, pour l'anecdote, que le gouvernement doit arbitrer un litige du même type à l'autre extrême de l'échiquier politique: les Démocrates suisses se plaignent en effet de l'utilisation de leur appellation par une liste de l'Union des patriotes. François Longchamp