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Un avion en bout de piste prépare son envol dans le ciel genevois.
© PIERRE ALBOUY/REUTERS

Nuisances

A Genève, le développement de l’aéroport fâche les communes de la rive droite

Sept communes riveraines de Cointrin et de ses avions ont communiqué leur désaccord à la Confédération concernant les perspectives 2030

Le développement de l’Aéroport international de Genève (AIG) fait toujours plus de mécontents. La Confédération a lancé une consultation qui se termine le 16 mars concernant sa croissance d’ici à 2030. C’est le Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (PSIA). Ce document détermine notamment le nombre de passagers annuels (25 millions contre 17 aujourd’hui) et le volume de nuisances sonores autorisé.

Lire aussi: L’aéroport de Genève mise sur une diminution des nuisances sonores, malgré une croissance du trafic aérien

Le Groupement des communes de la rive droite du lac (GCRDL) a annoncé ce jeudi que ses sept membres (Bellevue, Céligny, Collex-Bossy, Genthod, Grand-Saconnex, Pregny-Chambésy, Versoix) avaient préavisé défavorablement ce projet. «Ce n’est pas une attaque contre le développement économique de l’aéroport, prévient Philippe Schwarm, maire PLR de Pregny-Chambésy. Mais les chiffres avancés par la Confédération sont disproportionnés par rapport à la taille de notre région.» En configuration haute, un maximum de 47 avions par heure est prévu dans le PSIA, soit un avion toutes les 90 secondes, contre 40 mouvements aujourd’hui.

Impact sur la santé publique

S’ils estiment que ce n’est pas à eux de fixer une limite chiffrée au développement de l’AIG, les maires admettent que si l’aéroport en restait aux gabarits actuels, cela leur conviendrait.

L’impact sur la santé publique inquiète les sept maires, réunis ironiquement un matin où l’aéroport était fermé pour cause de neige abondante. «Aujourd’hui, aucun avion ne vole entre 5 et 6 heures du matin. Mais ce créneau reste ouvert, dit Jean-Daniel Viret, élu de Bellevue. Nous demandons un couvre-feu total entre 23 heures et 6 heures, comme à Zurich.»

Notre école comptait 250 élèves il y a peu contre 170 aujourd’hui

Wolfgang Honegger, maire de Genthod

Autre mesure demandée par le GCRDL: l’installation de deux stations de contrôle de la qualité de l’air à Vernier et Genthod, d’un bout à l’autre de la piste. Les services de l’Etat consultés approuvent cette idée. Mais le canton considère que c’est aux communes de financer ces dispositifs.

Effets sur le prix du mètre carré

Les élus, enfin, redoutent les effets du bruit sur le prix du mètre carré dans leurs communes. Les nuisances sonores des avions rendent certaines zones non constructibles. Selon leurs calculs, 90% du territoire constructible de Genthod ne le serait plus sous le régime PSIA, tout comme 60% de celui de Bellevue et 45% de celui de Versoix. «Moins de logements neufs, ce sont moins de familles qui s’installent, avec des conséquences en cascade. Notre école comptait 250 élèves il y a peu contre 170 aujourd’hui», s’inquiète le maire de Genthod, Wolfgang Honegger.

«Nous demandons à Berne que cette fiche PSIA contienne des mesures réellement contraignantes pour l’aéroport, ce qui n’est pas le cas en l’état actuel», résume Jean-Daniel Viret. Le Conseil fédéral doit adopter ce document au second semestre 2018.

Vaudois et Français opposés

Le GCRDL avait déjà fait connaître son désaccord il y a deux ans, dans le cadre du regroupement de 45 communes vaudoises et françaises. Un refus confirmé récemment par une lettre, en cours de signature.

Lire également: A Genève Aéroport, un tarmac sous pression

Les Genevois doivent voter d’ici à juin 2019 sur une initiative qui veut réformer la gouvernance de l’AIG. Le Grand Conseil s’est opposé la semaine dernière à un vote dès juin 2018, afin de rédiger un contre-projet. «Cela nous convient, dit Cédric Lambert, élu de Versoix. En cas de contre-projet, nous serons consultés et pourrons exposer notre point de vue.»

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