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Dominique Giroud en 2014.
© OLIVIER MAIRE

Justice

A Genève, Dominique Giroud et ses acolytes sont renvoyés en jugement pour l’affaire du piratage

Le Ministère public a déposé son acte d’accusation. Le vigneron valaisan devra répondre d’instigation à tentatives de soustraction de données pour avoir fomenté le hacking de deux journalistes

Dominique Giroud et ses trois acolytes seront jugés par le Tribunal de police genevois pour l’affaire du piratage des ordinateurs de deux journalistes de la RTS et du Temps. Il aura fallu quatre ans pour que le Ministère public boucle son enquête et dépose un acte d’accusation de quatorze pages. C’est chose faite depuis le 4 mai, annonce ce lundi un communiqué du parquet. Le vigneron valaisan est poursuivi pour instigation à tentatives de soustraction de données. En clair, il aurait commandité cette opération de hacking.

Lire aussi: Tentative de piratage: les conspirateurs de l’affaire Giroud

L’affaire avait fait grand bruit. C’était en juin 2014. Dominique Giroud était arrêté à Genève pour avoir trempé dans une tentative de piratage visant les journalistes Yves Steiner et Marie Parvex. Une affaire menée avec trois comparses aux profils atypiques: un agent du Service de renseignement de la Confédération, un détective privé et un professionnel du hacking dit éthique. Après deux semaines de détention provisoire, le quatuor a retrouvé sa liberté et l’enquête s’est poursuivie pour tenter de déterminer le rôle de chacun.

Identifier l’origine des fuites

La procureure Josepha Wohnrau reproche principalement à Dominique Giroud d’avoir, sur les conseils du détective privé et du désormais ex-agent du SRC, mandaté le hacker afin de pirater les ordinateurs des deux journalistes. A l’époque, l’encaveur était sous enquête pénale dans le canton de Vaud et en litige avec le fisc. Ses déboires étaient largement médiatisés. Préoccupé par ces fuites, il aurait voulu, selon l’acte d’accusation, identifier l’origine des indiscrétions.

Le piratage n’a finalement jamais abouti. Le détective privé, qui s’avérera être la source principale des fuites et qui était en contact étroit avec le journaliste de la RTS, l’avait averti des détails du projet. Quant à la journaliste du Temps, elle n’avait pas ouvert l’e-mail en question, qui est resté bloqué dans les spams.

Durant l’instruction, les protagonistes ont livré des versions divergentes et contradictoires. Au final, aucun des prévenus n’a reconnu avoir voulu finaliser ce hacking, ni avoir envoyé le logiciel espion dans une pièce jointe adressée aux deux journalistes par mail et sous de fausses identités. Le procès, dont la date n’est pas encore fixée, sera sans aucun doute très animé.

Tentative de contrainte

La RTS et Le Temps sont parties plaignantes à la procédure. Yves Steiner, qui a depuis lors quitté le journalisme pour le contrôle fédéral des finances, est également plaignant contre l'informaticien qui lui a adressé, le 15 juin 2015, un commandement de payer de 8 millions de francs pour avoir nui à son image et lui avoir causé un préjudice colossal.

Cette manoeuvre d'intimidation, selon l'acte d'accusation, vaut au spécialiste du hacking éthique d'être aussi jugé pour tentative de contrainte. Selon le parquet, il aurait envoyé ce commandement de payer «en représailles» et pour forcer le journaliste à admettre une part de responsabilité dans cette affaire de piratage.

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