Un fonds d’urgence de 15 millions de francs: tel est le projet du conseiller d’Etat Thierry Apothéloz pour venir en aide aux travailleurs précarisés qui échappent au filet social traditionnel. Une manière de répondre à la situation parfois dramatique de ces employés de maison sans papiers, travailleurs sur appel ou encore intermittents du spectacle, qui ont perdu, du jour au lendemain, tous leurs revenus à cause de la crise du coronavirus. Mais la tâche s’avère plus compliquée que prévu. Discuté en commission des finances mercredi, le projet se heurte à l’opposition de la droite, alliée au MCG, pour qui la proposition du ministre reviendrait à légitimer le travail au noir. Alors que Thierry Apothéloz aurait souhaité un vote sur le siège, le texte risque d’être renvoyé en commission jeudi soir lors de la séance plénière du Grand Conseil.

Les images de files d’attente interminables aux Vernets, où plusieurs milliers de personnes se rendent chaque samedi pour recevoir un colis de vivres d’une valeur de 20 francs, ont choqué. Tous les partis s’accordent à dire qu’il faut agir, mais pas n’importe comment. «Le PLR poursuit le but visé mais pas la solution proposée, argumente le député Yvan Zweifel. Avec ce projet, l’Etat se substitue à des patrons peu scrupuleux qui ont cessé de rémunérer leurs employés, sans qu’aucune mesure de sanction soit prévue, c’est inadmissible.»