Culture

A Genève, la droite désormais réunie gèle les subventions de l'Usine

Désormais majoritaires au Conseil municipal de la Ville de Genève, l'Entente (PLR-PDC) et la Nouvelle Force (UDC-MCG) ont conditionné mercredi soir le versement de l'aide financière de près d'un millions de francs que perçoit annuellement le lieu alternatif à son respect de la nouvelle législation cantonale en matière de débit de boisson

L'Usine, l'un des phares des nuits alternatives genevoises s'est retrouvé mercredi soir sous les feux nourris de la droite au Conseil municipal de la Ville de Genève. L'Entente et la Nouvelle Force (UDC-MCG) n'ont pas oublié les déprédations qu'ont essuyé de nombreuses devantures de commerces ce week-end.

Dimanche, 01h00 du matin tapante, un millier de manifestants noctambules s'était lancé dans un cortège protestataire contre le formalisme de l'Etat dans les rues du centre-ville, au son crachant des sound systems alignant les titres de reggae, de punk et de dubstep. De quoi attiser la colère d'une droite désormais majoritaire, qui n'a pas l'intention de passer l'éponge sur les tags qui ont fleuri sur les vitrines et les murs de la ville.

Gel d'un million de francs de subventions 

Le couperet est tombé: toutes les subventions qu'accorde annuellement la Municipalité aux associations hébergées dans le «centre culturel autogéré» ont été gelées. En comptant la mise à disposition du bâtiment qui jouxte le Rhône, et les divers aides délivrées, c'est plus d'un million de francs qui restera dans les coffres de la ville.

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Les clefs sont désormais dans les mains de l'Usine. La première consistera à rembourser le montant des dégâts générés lors de la manifestation, ou plus précisément déduire ce montant des subventions qu'elle perçoit. La deuxième résidera dans la mise en conformité immédiate du lieu vis-à-vis de la nouvelle législation cantonale sur la restauration, le débit de boissons, l’hébergement et le divertissement, qui entrera en vigueur au premier janvier 2016. Pour faire court, plus question pour le lieu de n'avoir qu'une autorisation pour ses cinq buvettes. Il lui en faudra désormais cinq.

La colère de Sami Kanaan

Magistrat chargé de la culture, le socialiste Sami Kanaan a fulminé contre la décision de son législatif, se fendant d'un tweet venimeux à l'encontre de la droite, la qualifiant de «majorité rétrograde».

En fin de soirée, cette même majorité ne souciait guère des quolibets dont elle était affublée. Disposant de 43 voix sur 80 conseillers municipaux, elle donne désormais le nord.

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