Conseil des États

A Genève, le duo rose-vert laisse peu d’espoir à l’Entente

Au lendemain du premier tour, il ne se dessine pas d’alliance susceptible de rebattre les cartes. L’espoir de l’Entente ne s’appuie désormais plus que sur une mobilisation de l’électorat bourgeois

A Genève, on voit mal ce qui pourrait empêcher le duo rose-vert de voler vers la victoire. Car les stratégies établies lundi soir par les partis ne rebattent pas les cartes. Sur quinze candidats au premier tour, il en reste six. Trois blocs repartent au combat: le ticket de gauche avec la Verte Lisa Mazzone et le socialiste Carlo Sommaruga, la droite avec le PLR Hugues Hiltpold et la PDC Béatrice Hirsch, à 15 000 voix d’écart des premiers, et l’UDC Céline Amaudruz, arrivée cinquième au premier tour. Le déconcertant «Prophète» enfin ne se résout pas à disparaître.

Il eût fallu, pour que l’Entente croie vraiment pouvoir remonter la pente, que Céline Amaudruz renonçât à se présenter au profit du PLR Hugues Hiltpold. Mais ce qui est possible dans le canton de Vaud – où l’UDC a décidé, certes en maugréant, de se retirer au profit du PLR Olivier Français – n’est pas réaliste à Genève. Céline Amaudruz a annoncé tôt qu’elle refusait pareil abandon, et elle va bénéficier du soutien du MCG.

Un peu plus tôt, le PLR avait refusé de faire ticket commun avec elle, évoquant de trop grandes dissensions sur des thèmes clés. «Si l’Entente perd, c’est que la droite de la droite aura, par son orgueil, divisé les voix de droite, ce qui est regrettable», résume Vincent Maitre, président du PDC genevois. Il promet toutefois de mouiller la chemise jusqu’au bout, question d’honneur.


Le point sur les deuxièmes tours dans les cantons romands:


«Deux communistes au Conseil des Etats»

Face à la machine de guerre de la gauche, une remontada des candidats de l’Entente ne tient plus qu’à un éventuel sursaut de son électorat, sérieusement démobilisé au premier tour. C’est l’espoir de Bertrand Reich, qui pour le coup en oublie son art consommé de la modération: «Je ne comprendrais pas que les électeurs de droite ne se déplacent pas aux urnes, prenant le risque de porter deux communistes au Conseil des Etats.»

Il espère que l’électorat bourgeois comprendra qu’il se trouve désormais «devant un choix de société et non pas de personnes»: «Veut-on entrer dans l’Union européenne? Veut-on confier la sécurité de la Suisse à d’autres pays? Veut-on d’une fiscalité renforcée, d’une bureaucratie galopante? C’est de cela qu’il s’agit. Il faut rappeler aussi que les Genevois ont soutenu RFFA ou la nouvelle loi sur le renseignement, alors que les Verts et les socialistes s’y opposaient.»

Les Vert’libéraux lâchent Hugues Hiltpold

Autre désillusion pour le PLR: Hugues Hiltpold ne pourra pas compter sur le soutien des Vert’libéraux, qui arrêtent la course aux Etats sur la victoire inespérée au National de leur candidat, Michel Matter. Lors de leur assemblée générale, les jeunes, ultra-remontés, ont refusé ce coup de pouce: «La liberté de vote a été négociée pendant deux heures et demie, raconte le président des Vert’libéraux genevois, Alexandre Peyraud. Les jeunes, âgés entre 18 et 23 ans, ont clairement pris le dessus, ils étaient totalement opposés au candidat PLR. A titre personnel, j’aurais appelé à voter Hugues Hiltpold et Lisa Mazzone, qui portent l’un l’économie et l’autre l’écologie.»


A propos de la composition du Conseil fédéral: 


Raison de ce désamour: le manque de soutien du candidat PLR aux mesures pro-climat: «Au classement Ecorating, qui évalue le comportement de vote sur les questions écologiques de chaque parlementaire, Hugues Hiltpold n’est pas le pire, mais il est au bas de l’échelle», constate Alexandre Peyraud. Le fait que Michel Matter ait déclaré soutenir à titre personnel le candidat PLR ne changera pas la donne. Maigre consolation: le PBD, qui jette aussi l’éponge, appelle à voter l’Entente. Mais son réservoir de voix est très faible.

A l’autre bout de l’échiquier politique, Ensemble à gauche n’a pas fait défection et appelle ses troupes à voter Lisa Mazzone et Carlo Sommaruga. Le défi du duo au tournesol et à la rose sera désormais de maintenir la mobilisation d’un électorat qui pourrait croire à une victoire acquise. Electrisés par leurs scores, ils ne comptent pas mettre des fleurs fanées au programme du 10 novembre.

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