«Malgré une nette augmentation des effectifs, la rentrée genevoise est sous contrôle.» C’est le message qu’a voulu délivrer la cheffe du Département de l’instruction publique (DIP), Anne Emery-Torracinta. La semaine prochaine, 1200 nouveaux élèves – dont 800 rien qu’au primaire – reprendront le chemin de l’école, dans des classes dont le taux d’encadrement reste similaire à celui de 2018.

Pour aider les enseignants à gérer les problèmes de comportement toujours plus fréquents chez les très jeunes élèves, des équipes pluridisciplinaires vont être déployées dans cinq nouveaux établissements. A l’échelle du canton, 21 des 58 écoles primaires seront désormais dotées d’éducateurs, d’enseignants spécialisés, de psychologues ou encore de logopédistes. Les autres établissements devront, pour l’heure, se contenter d’au moins un éducateur à mi-temps.

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La mesure est-elle efficace sur le terrain? «La mise en œuvre doit encore être consolidée, répond Francesca Marchesini, présidente de la Société pédagogique genevoise. Dans tous les cas, ça ne peut pas être la seule réponse.» De son côté, Anne Emery-Torracinta insiste sur la nécessité de prendre en compte les évolutions de la société: «L’école fonctionne encore selon des schémas vétustes; il faut aller au-delà et considérer les problèmes sociaux ou familiaux qui peuvent rendre la gestion d’une classe complexe.»

«Dérapages graves mais rares»

La violence à l’école est une préoccupation croissante du DIP. Au printemps passé, une altercation au couteau avait mis le cycle de Montbrillant en émoi, quelques mois après un épisode similaire à Cayla. «La task force créée pour pacifier la zone continue son travail», indique la conseillère d’Etat. Pas question toutefois d’effectuer des contrôles à l’entrée des établissements. «Ce genre de dérapages graves reste heureusement rare et découle souvent d’un conflit personnel entre deux élèves qui aurait pu avoir lieu hors du cadre scolaire.»

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Eviter l’effet zapping

Pionnier en la matière, Genève a introduit la formation obligatoire jusqu’à 18 ans l’an passé déjà. Le canton renforce aujourd’hui son dispositif avec davantage de places dans les différents modules de réinsertion et de nouveaux partenariats avec les entreprises. Quelque 800 élèves décrocheurs devraient ainsi être aidés cette année, contre 700 l’an passé. Pour gagner en efficacité, certaines mesures ont été adaptées: les stages par rotation seront par exemple moins nombreux mais plus longs, afin d’éviter l’effet zapping. Le canton poursuit par ailleurs ses efforts pour valoriser la voie professionnelle: 2035 contrats d’apprentissage sont signés à ce jour, soit le nombre le plus élevé depuis cinq ans.

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