L’Etat de Genève invite dorénavant les dizaines d’entités qu’il subventionne à appliquer la préférence cantonale quand il s’agit de repourvoir un poste vacant. A compétences égales, ces établissements devront privilégier le recrutement de chômeurs genevois. La directive a été envoyée vendredi aux intéressés.

Ce principe de préférence est déjà en vigueur au sein de l’Etat et des grandes institutions de droit public du canton. «Il n’y a pas de honte à donner la préférence aux gens au chômage ici, s’ils ont les compétences nécessaires», a fait savoir devant la presse le conseiller d’Etat Mauro Poggia.

Selon le responsable du Département cantonal de l’emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS), le vent a tourné sur cette question. «Les réticences idéologiques contre le réflexe de la préférence cantonale sont en train de s’estomper». Le magistrat, du Mouvement des Citoyens genevois (MCG), estime qu’il existe aujourd’hui un «ralliement au bon sens».

Mauro Poggia a rappelé que le canton de Genève a toujours le taux de chômage le plus élevé de Suisse. Le principe de la préférence cantonale, outre le signal envoyé, doit notamment permettre à des demandeurs d’emploi locaux d’être compétitifs dans un marché du travail qui est «de plus en plus agressif».

Devoir d’annonce

La nouvelle directive demande aux entités subventionnées d’annoncer leurs postes vacants à l’Office cantonal de l’emploi (OCE), qui pourra ensuite proposer des candidats correspondant aux profils recherchés. Si l’engagement ne se fait pas, l’établissement devra en communiquer les raisons à l’OCE.

La préférence cantonale était à l’origine une idée défendue par le MCG, dont est membre MauroPoggia. La directive, unique en Suisse, produit pour l’heure des effets relativement limités, car son application ne fait pas l’objet de contrôles systématiques.