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Genève: les enjeux d'élections cruciales pour le canton

Le premier de deux rendez-vous électoraux a lieu ce dimanche. On connaîtra la composition du Grand Conseil aujourd'hui, de même que les gagnants du premier tour à l'exécutif cantonal

Les Genevois désignent aujourd'hui les 100 députés qui siègeront au Grand Conseil pour une législature de cinq ans. Une répartition provisoire des sièges est annoncée pour 13h30. Les résultats définitifs sont attendus pour 18h.


Le parlement: la fin de la fragmentation?

En 2013, le parlement cantonal sorti des urnes était divisé en trois. En plus des blocs de gauche (15 députés socialiste, 10 Verts et 9 Ensemble à Gauche) et de droite (24 PLR, 11 PDC), la Nouvelle Force, alliance du MCG (20 députés) et de l'UDC (11) se profilait comme arbitre, rôle qu'elle n'a pas su tenir pendant la législature.

Les Genevois choisiront-ils de conserver un parlement en trois blocs? C'est l'un des enjeux de ce dimanche. Et quelle force relative leur attribueront-ils?

Perte de plumes programmée pour le MCG

Les observateurs s'accordent à dire que le MCG perdra des plumes. Plusieurs se rejoignent sur un tiers de députés en moins. Son concurrent le plus direct s'appelle Genève en Marche (GeM), créé à l'automne dernier par un dissident du MCG, Eric Stauffer. L'ex-conseiller administratif d'Onex a mené une campagne bruyante et visible. Beaucoup pensent que cela ne suffira pas pour atteindre le quorum de 7%. Mais les voix grappillées manqueront à l'UDC auquel GeM fera également concurrence.

Ensemble à gauche, un quorum menaçant

Avec 8,75% des voix en 2013, Ensemble à gauche (EàG) est théoriquement la formation la plus menacée par le quorum. D'autant que plusieurs listes  concurrentes sont apparues: celle composée par des dissidents d'EàG, une liste exclusivement féminine qui se profile à gauche, de même que Equité & égalité. L'élan imprimé par des victoires récentes, comme sur la fiscalité des entreprises, certes remportée par l'ensemble de la gauche, suffira-t-il à EàG pour se maintenir au parlement?

L'effondrement des extrêmes profiteraient mécaniquement aux partis traditionnels et renforcerait l'Entente (PDC et PLR), majoritaire en sièges.


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Le gouvernement: quelques réélus, puis ça se complique

Au Conseil d'Etat, quatre ministres, en liste pour leur réélection, devraient émerger dans cet ordre, au soir de ce premier tour: Pierre Maudet (PLR), Mauro Poggia (MCG), Serge Dal Busco (PDC) et Antonio Hodgers (Les Verts). Au-delà, les choses se compliquent.

Anne Emery-Torracinta, l'enjeu du jour

La place d'Anne Emery-Torracinta suite à ce premier vote sera l'objet de toutes les attentions. Depuis de nombreuses semaines, le nom de la conseillère d'Etat socialiste chargée de l'instruction publique apparaît dans la presse pour sa gestion discutable de l'affaire Ramadan (alors enseignant, il est accusé d'abus sur des élèves dans les années 90). Autre couac: la suspension de sa secrétaire générale, décidée par la ministre suite à l'attribution d'un mandat au compagnon de la fonctionnaire, mandat révoqué après avoir été signé par la socialiste.

Si Anne Emery-Torracinta devait se faire dépasser par ses colistiers, Sandrine Salerno et Thierry Apothéloz, et si surtout elle devait se retrouver au-delà de la septième place, on pourrait interpréter cela comme une sanction de son électorat.

Nathalie Fontanet pourrait bénéficier d'un vote compact

Au sein de l'Entente, un vote compact devrait permettre à la PLR Nathalie Fontanet de se classer dans les sept premiers avant le second tour. Pour Alexandre de Senarclens, troisième candidat PLR, cela tiendrait de l'exploit. L'avocat a certes montré beaucoup d'envie durant la campagne. Mais son déficit de notoriété semble trop difficile à combler.

Luc Bathassat, pas QDB

Les sondages mais surtout les derniers échos de cette campagne de premier tour devraient, eux, faire nourrir les plus vives inquiétudes à Luc Barthassat. La réélection du conseiller d'Etat PDC chargé des transports est en danger. L'action controversée du magistrat et sa propension à désacraliser sa fonction semblent avoir déstabilisé l'électorat de droite qui peut penser qu'avec deux ministres, le PDC est de surcroit surreprésenté au Conseil d'Etat.

A l'extrême gauche, enfin, Jocelyne Haller (EàG) pourrait créer la surprise avec un score qui dépasse l'emprise électorale de sa formation. Unanimement reconnue comme une députée de valeur, cette travailleuse sociale recueillera bon nombre de votes chez les socialistes et les Verts.

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