Réuni mercredi pour sa séance hebdomadaire, le Conseil d'Etat a écouté les explications de Micheline Spoerri sur le projet d'utiliser un drone pour traquer les incendiaires de voitures à Genève. Le Département de justice et police, sur proposition du juge Malfanti en charge de l'enquête, avait demandé aux autorités fédérales d'examiner la faisabilité de l'utilisation de drones à Genève.

Le Conseil d'Etat estime qu'à ce niveau, Micheline Spoerri a agi dans sa sphère de compétences. Cependant, si l'Office fédéral de l'aviation civile avait mis un drone à disposition du DJPS, les conditions de son engagement auraient dû être avalisées au niveau politique. Une telle décision ne peut être uniquement administrative, du seul ressort du DJPS, comme le nombre de policiers à envoyer à une manifestation. Le Conseil d'Etat est en effet unanime quant au fait qu'il lui revient de décider si les conditions justifient l'emploi de drones ou d'autres équipements «espionnant» le citoyen. C'est lui, par exemple, qui a autorisé les Transports publics genevois à équiper certaines de ses lignes avec des caméras et a décidé du temps de conservation des bandes.

Proportionnalité

Quant aux drones, Robert Cramer, président du Conseil d'Etat, estime qu'on ne peut en exclure, a priori, toute utilisation. La menace que représente un tel appareil pour la vie privée ne doit pas être prise à la légère, mais doit être estimée face au danger auquel il cherche à remédier. En partant de l'hypothèse que l'OFAC accepterait la demande du DJPS, l'acceptation ou non par le Conseil d'Etat de son engagement serait alors à décider au cas par cas.

De son côté, le juge Malfanti, interviewé par la Tribune de Genève, a estimé qu'il était proportionnel, face aux dangers potentiels des incendies de voitures, d'employer tous les moyens existants pour les faire cesser: en particulier les drones. «Pour moi, dit-il, le plus important est de protéger des vies humaines, pas simplement des voitures.»

Comme le juge a retiré sa demande d'examen de faisabilité de l'utilisation de drones, suite aux arrestations récentes de présumés incendiaires, ce n'est pas cette fois-ci que les Genevois sauront si le Conseil d'Etat accepterait que des drones passent au-dessus de leur tête.