Une «situation grave mais non alarmante». C'est ce qui a amené le Conseil d'Etat genevois à proclamer l'état de nécessité dans le canton lundi matin. A l'instar du Jura, de Neuchâtel ou du Valais, Genève entre ainsi en phase de semi-confinement. Cela se traduit par des mesures drastiques pour limiter au maximum les contacts entre les personnes. Dès ce soir et jusqu'au 29 mars, les établissements publics tels que les restaurants, bars, cinémas, théâtres, salles de spectacle, casinos ou fitness seront fermés. La décision s'applique aussi aux commerces sauf magasins d'alimentation, pharmacies, drogueries, kiosques et stations-service. Le second tour des élections municipales, prévu le 5 avril, est maintenu.

Anticipant souvent les déclarations nationales, Genève a pris des mesures strictes depuis la semaine dernière déjà. Doit-on s'attendre à un confinement complet prochainement? «Le pire est à venir», reconnaît le président du Conseil d'Etat genevois Antonio Hodgers, soulignant toutefois qu'une telle mesure ne pourrait être décrétée que par le Conseil fédéral. Depuis ce week-end, plusieurs cantons appelle Berne à durcir ses mesures en ce sens. 

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L'étau se resserre 

En l'état, l'étau se resserre sur Genève. Sommés de fermer, les restaurants et bars peuvent néanmoins continuer à servir leurs produits à l'emporter ou à les livrer à domicile. Des sanctions pénales ou administratives sont prévues en cas de non respect des règles Les hôtels peuvent quant à eux rester ouverts mais en respectant les mesures de précaution fédérales. Idem pour les lieux d'hébergement d'urgences pour personnes sans abri. Les événements publics ou privés réunissant plus de cinq personnes sont désormais interdits, de même que les cultes religieux. Quant aux réunions professionnelles, elles ne sont autorisées qu'en respectant la distance de rigueur. Fermés, les établissements scolaires assurent pour l'heure un service minimum et un enseignement à distance que le Département de l'instruction publique s'efforce de coordonner. 

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S'agissant des conséquences économiques de l'épidémie, le conseiller d'Etat Pierre Maudet n'hésite pas à qualifier la situation de «dramatique» pour les commerçants et entrepreneurs genevois. «Le Conseil d'Etat ne les laissera pas tomber», affirme-t-il, avant d'annoncer une série de mesure. Le recours au chômage partiel va être étendu aux indépendants et aux personnes qui travaillent à temps partiel dans la mesure du possible. «Genève négocie actuellement avec la Confédération dans ce sens», souligne Pierre Maudet.

Une centaine de dossiers sont d'ores et déjà en traitement à la caisse cantonale de chômage. Le report des échéances de paiements des SIG voire des loyers est également à l'étude. Selon les estimations, la crise sanitaire actuelle touche 40% de la substance du PIB genevois, soit 180 millions de francs de pertes par jour. «Sur deux semaines, on estime qu'il faut une aide financière de 1 milliard environ», ajoute Pierre Maudet. 

L'Etat veut montrer l'exemple

Le Conseil d'Etat genevois appelle tous les employeurs à diminuer leurs activités, selon un plan de continuité. L'Etat lui-même a décidé, en tant qu'employeur, de définir les prestations prioritaires qui nécessitent une présence physique sur le lieu de travail. Cela concerne 20% des collaborateurs. Les autres fonctionnaires sont désormais en mode télétravail. «Il va de soit que la rémunération du personnel de l'Etat reste inchangée, peu importe le statut du travailleur», a souligné la ministre Nathalie Fontanet.