Justice

A Genève, les évadés de l’hôpital ne seront pas condamnés plus sévèrement

Les appels du parquet et des parties plaignantes contre le premier jugement ont été rejetés. Les deux fuyards, qui avaient usé de barres métalliques pour quitter l’unité cellulaire, ne sont pas reconnus coupables de tentative de meurtre

Le Ministère public genevois échoue une nouvelle fois à faire condamner très sévèrement deux détenus qui s’étaient évadés de l’unité cellulaire hospitalière en malmenant les gardiens. La Chambre pénale d’appel et de révision confirme intégralement le premier jugement qui écartait la planification d’une opération violente et la tentative de meurtre par dol éventuel. Les considérants de ce nouvel arrêt, rendu le 21 juin dernier, seront connus ultérieurement. Celui qui n’a fait que proférer des menaces reste condamné à une peine ferme de 20 mois. L’autre, qui avait fortement frappé un surveillant et avait aussi un brigandage à son actif, à une peine de 6 ans.

Pas de plan violent

Tous les appels ont été rejetés, précise le dispositif reçu par les parties. Celui de la procureur Rita Sethi-Karam qui réclamait de lourdes peines de 6 et 10 ans de prison, ainsi qu’une mesure d’internement contre le plus coriace des prévenus. Ceux des gardiens, représentés par Mes Robert Assaël et Romain Jordan, qui abondaient dans le sens du parquet et voulaient voir ces apprentis fugitifs, rapidement repris, reconnus tous deux coupables de tentative de meurtre par dol éventuel pour avoir fomenté une fuite violente avec des porte-perfusions et accepté le risque de causer des lésions potentiellement mortelles. L’appel du prévenu français, qui contestait surtout être l’auteur du brigandage d’une poste du Nord vaudois, est également balayé.

Le plus légèrement condamné est désormais détenu à la prison vaudoise du Bois-Mermet. Le second est toujours à Champ-Dollon, où il disait «en avoir bavé» depuis cette affaire, et attend son transfert.

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Une salve de coups avec la barre métallique

Selon le premier jugement, rendu par le Tribunal correctionnel le 18 janvier 2017, le plus jeune des détenus, défendu par Me Simon Ntah, avait projeté de s’échapper en faisant peur et n’avait ainsi pu consentir à la violence physique imprévue manifestée par son comparse. Ce dernier, défendu par Mes Dimitri Tzortzis et Catarina Monteiro Santos, qui avait disjoncté et donné une salve de coups avec la barre métallique, a été reconnu coupable de tentative de lésions corporelles graves. L’agent de détention blessé a surtout été touché aux bras et a eu trois points de suture au cuir chevelu. Les juges avaient estimé qu’aucun élément ne permet d’établir que le fuyard avait envisagé et accepté l’éventualité de tuer.

Un recours au Tribunal fédéral est encore possible.

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