Fiscalité

Genève a évité la délocalisation de Patek Philippe avec un accord fiscal à 415 millions

Le propriétaire de la célèbre marque horlogère genevoise Philippe Stern a, semble-t-il, préféré payer 415 millions de francs d’impôts à Genève plutôt que de déménager son entreprise familiale à l’étranger

Un accord fiscal a maintenu Patek Philippe à Genève

Montres Philippe Stern, propriétaire de la marque, aurait payé 415 millions d’impôts

La marque horlogère Patek Philippe menaçait de délocaliser. La manufacture genevoise n’est pas passée à l’acte, préférant plutôt investir 450 millions de francs pour développer son siège à Plan-les-Ouates. Ce maintien serait le résultat de l’accord fiscal qui a renfloué les finances publiques genevoises en 2014.

Dans les colonnes du Temps, à la veille de Baselworld 2014, Thierry Stern, héritier de l’aristocratie Patek Philippe, s’était plaint du niveau «étouffant» de l’impôt sur la fortune à Genève. Selon lui, ce carcan fiscal pouvait contraindre sa manufacture familiale à se vendre, voire à délocaliser. «J’espère que les autorités resteront vigilantes et que l’on trouvera des solutions communes, pérennes», avait-il souligné.

Tout porte à croire que Genève a entendu cet appel. Pour preuve: le canton a perçu 415 millions de francs d’impôts extraordinaires en 2014, dont près de 120 millions ont été rétrocédés à la commune d’Anières. Ce pactole serait l’aboutissement, au terme de longues tractations, d’un dossier fiscal ayant pour pierre angulaire la création de la holding Patek Philippe (propriété non plus directe de la manufacture, mais d’une société de capitaux). Le montage de cette nouvelle entité aurait entraîné une importante plus-value imposable, la dette de la structure en question ne pouvant pas être ponctionnée.

Selon 20 minutes, le généreux contribuable à l’origine de cette perception inédite n’est autre que Philippe Stern, détenteur de Patek Philippe, résidant à Anières et dont la fortune familiale est estimée par le magazine Forbes à 3 milliards de francs. Bilan, de son côté, évoquait l’an passé la rumeur selon laquelle Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, aurait proposé 8 milliards de francs pour racheter Patek Philippe. Plausible? «J’espère que Patek Philippe vaut bien davantage que 4 milliards de francs», avait déclaré Thierry Stern au Temps en mars 2014.

Interpellés mercredi sur le dossier fiscal, ni les autorités ni le principal concerné n’ont souhaité commenter la «situation de l’entreprise ou personnelle», cette dernière devant rester «confidentielle», car relevant de la «sphère strictement privée».

(ndlr: article modifié suite à une erreur dans la première version).

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