Santé

A Genève, fini la gratuité des soins pour les détenus

Ensemble à gauche veut inviter le Conseil d’Etat à se désolidariser d’une directive concordataire visant à faire payer partie des frais médicaux aux condamnés. Polémique garantie

Depuis le 1er juillet, une circulaire, placardée sur les murs des prisons genevoises, informe les détenus qu’ils devront participer aux frais médicaux. Cette évolution, déjà dénoncée par les professionnels de la santé, agite désormais le politique. Une proposition de résolution a été déposée fin août par les députés d’Ensemble à gauche qui craignent pour le suivi des traitements et surtout pour les efforts de prévention dans un environnement particulièrement à risque.

Cette résolution, qui pourrait bien ratisser large, invite le Conseil d’Etat à maintenir la gratuité des soins de base en milieu carcéral et à renoncer à ponctionner le pécule des détenus (hormis celui des rares fortunés). «L’urgence et la discussion immédiate seront demandées lors de la prochaine session», précise Pierre Bayenet, fer de lance de cette démarche. Le député estime que le gain d’une telle mesure est négligeable pour l’Etat alors que les coûts pour la collectivité pourraient être bien plus importants sur le long terme.