L’union fait la force. En ce dimanche d’élection, la gauche genevoise savoure ce proverbe. Selon les premières estimations, la candidate verte Fabienne Fischer, victorieuse au premier tour déjà, remporte largement l’élection complémentaire au Conseil d’Etat genevois avec 41,4% des voix, devant Pierre Maudet, conseiller d’Etat démissionnaire et candidat à sa propre réélection, qui accuse près de 8000 suffrages de retard. Une victoire de taille pour le camp rose-vert qui a su mobiliser largement son électorat face à une droite morcelée, profitant également d’un vote utile dans la logique «tout sauf Pierre Maudet». Avec l’entrée de Fabienne Fischer, 59 ans et avocate de formation, au Conseil d’Etat, la gauche obtient la majorité pour la deuxième fois dans l’histoire récente du canton.

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Le séisme politique que certains prédisaient n’a pas eu lieu. Au terme d’une campagne aux allures de dernière chance, Pierre Maudet voit ses espoirs de reconquête s’évanouir malgré un score solide de près de 33% des voix. La candidate PDC Delphine Bachmann, arrivée dans la course au second tour, réalise quant à elle un score honorable en se plaçant troisième avec 14 717 voix, devant l'UDC Yves Nidegger qui ferme la marche. Preuve qu’elle est parvenue à ratisser au-delà du réservoir de voix PDC qui représente environ 10% de l’électorat genevois. Un signal positif pour 2023, année où l'ensemble du Conseil d'Etat sera renouvelé. A noter que le taux de participation provisoire de 41% est nettement plus bas qu’au premier tour.

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Progression de 6 000 voix

Au terme du premier tour, Fabienne Fischer savait qu’il lui faudrait mettre les bouchées doubles pour consolider son avance face à un Pierre Maudet très offensif. Elle y est parvenue, en engrangeant 6 000 voix supplémentaires, provenant de l’extrême gauche, mais aussi des Vert’libéraux, les deux candidats ayant renoncé à se représenter. Une partie de l’aile libérale du PLR a également pu lui confier son vote dans le but d’éliminer le ministre condamné par la justice. Dotée de peu d'expérience politique mais d'un plébiscite de la population, la nouvelle conseillère d'Etat verte a désormais deux ans pour faire ses preuves. 

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