Le communiqué du Département genevois de l’emploi est tombé ce mardi matin. Et les nouvelles du marché du travail ne sont pas réjouissantes. En janvier 2015, le taux de chômage dans le canton a progressé d’un dixième de point, s’établissant à 5,5% de la population active. Cela représente 267 chômeurs de plus que le mois passé (+2,1%). Au total, Genève dénombre 12 958 individus au chômage et 16 061 personnes en attente d’un emploi, soit une hausse de 1,6%. En comparaison nationale, l’augmentation du chômage suit la même tendance (+ 0,1 point), le taux passant à 3,5%. Par rapport à l’année précédente, l’effectif des chômeurs a diminué de 2,9%, le nombre de demandeurs d’emploi a baissé de 0,1%.

Neuchâtel et Valais, lanternes rouges

Genève n’est désormais plus la lanterne rouge des cantons les plus touchés par le chômage, celui de Neuchâtel l’ayant dépassé. Au 31 janvier, le taux a bondi de 0,2% dans ce canton, s’établissant à 5,8% de la population active. Cette hausse porte le taux de chômage au même niveau que celui de l’année dernière, relève l’Office cantonal neuchâtelois de la statistique. En valeur absolue, Neuchâtel dénombre 5198 chômeurs et 6866 demandeurs d’emploi. En Valais, canton qui partage le haut du podium, le taux est resté stable en janvier (5,8% également). A relever que Fribourg reste le seul canton romand au-dessous de la moyenne nationale.

Pas d’embellie au printemps, estime Yves Flückiger

Cette hausse doit-elle être corrélée à l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse (BNS)? «En hiver, de nombreux secteurs d’activité sont en veille, comme la construction. La hausse du chômage en janvier n’est donc pas liée aux conséquences du franc fort», répond Yves Flückiger, professeur d’économie à l’Université de Genève. Un constat que partage le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia. Aux yeux du MCG, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions quant à l’impact de l’absence de soutien de la BNS. «Les premiers effets pourraient se ressentir d’ici 4 à 5 mois.»

«Toutefois, si le franc reste dans une parité avec l’euro, on s’achemine vers une stagnation macroéconomique, même si les importations deviennent moins chères, ce qui permet notamment de soutenir la consommation domestique, renchérit Yves Flückiger. La situation conjoncturelle risque de devenir extrêmement délicate, malgré le recours au chômage partiel facilité pour les entreprises.» L’embellie du chômage qui a lieu normalement au printemps, ne se produira pas, prévoit le professeur. «Il y aura vraisemblablement une absence d’embauche ou des licenciements». Le taux de chômage pourrait même a contrario progresser, estime ce dernier.

Pas de chômage partiel à Genève

Selon Mauro Poggia, le canton de Genève a «peu de souci à se faire» quant à une introduction du chômage partiel dans le canton, étant donné la structure du tissu économique genevois.