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Genève interdit les signes religieux aux fonctionnaires

Pour une participation de 41%, les votants acceptent le texte sur la laïcité à 55%. La loi devra encore passer devant la justice. La proposition d'une caisse maladie unique passe à la trappe

Les résultats anticipés de Genève sont tombés, avec une bonne proportion des bulletins, près de 93%. Les Genevois accepteront la nouvelle loi sur la laïcité, par plus de 55% des votants.

Ce texte, qui interdit notamment les signes extérieurs d'appartenance religieuse aux fonctionnaires et aux élus, est approuvé par 55,56% des votants, selon des résultats partiels basés sur 95% des bulletins rentrés.

Une loi voulue par Pierre Maudet

Portée à l'origine par le conseiller d'Etat Pierre Maudet, cette nouvelle loi sur la laïcité, qui doit remplacer celle de 1907, avait été adoptée en avril dernier par la majorité de droite du Grand Conseil au terme de longs débats. Pour ses partisans, elle permet de prévenir le repli identitaire.

Cette loi est toutefois loin de faire l'unanimité. Elle a fait l'objet de quatre référendums, issus des partis de gauche ainsi que des associations syndicales, féministes et musulmanes. Ceux-ci dénoncent une loi liberticide et discriminatoire.

La justice sera saisie

Sur le point d'être acceptée, la nouvelle loi sur la laïcité devrait désormais devoir passer devant la justice. Le Réseau évangélique genevois et les Verts – dont l'une des élues municipales, Sabine Tiguemounine, est voilée – avaient déjà déposé des recours. Ils jugent cette loi anticonstitutionnelle.

Ce texte pourrait aussi se retrouver confronté à un autre projet de loi, déposé fin janvier par Ensemble à gauche. Ce nouveau projet ne contient pas les aspects controversés de la loi soumise dimanche au peuple, soit l'interdiction des signes extérieurs d'appartenance religieuse.

A ce sujet: A Genève, la gauche s’écharpe sur la laïcité


Pas de caisse maladie publique

Par ailleurs, les Genevois refusent l'initiative du Parti du Travail qui proposait une caisse maladie unique, idée proposée pour faire baisser les primes.

Selon des résultats partiels basés sur 95% des bulletins rentrés, l'initiative a été rejetée par 55,97% des votants. Cette initiative constitutionnelle, qui avait très facilement fait le plein de signatures, était contrée par la droite et avait divisé la gauche. Les socialistes s'y opposaient alors que les Verts et Ensemble à Gauche s'étaient abstenus.

Une caisse publique, mais pas unique

Tous partageaient pourtant les mêmes constats: le système d'assurance-maladie dysfonctionne et la hausse constante des primes est intolérable. Mais le remède proposé par le Parti du Travail (PdT), soit une caisse publique mais pas unique, ne les a pas rassemblés.

La caisse voulue par le PdT visait à garantir aux personnes domiciliées dans le canton une couverture de soins complète. Cet établissement public autonome aurait offert des prestations d'assurance-maladie et accidents de base, telles que définies par le droit fédéral. Cette caisse transparente visait à soustraire l'assurance-maladie aux intérêts privés.

Un grand risque financier

Mais pour la majorité du Grand Conseil et pour l'exécutif, cette nouvelle caisse aurait été soumise aux même contraintes légales et économiques qu'une quarantaine d'autres assureurs-maladie, tout en étant en concurrence avec eux. Les primes n'auraient ainsi pas été plus basses. Beaucoup craignaient qu'elle n'attire les "mauvais risques" et soit un gouffre financier pour l'Etat. (ATS)

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