De Genève à Washington, la revendication est la même. Samedi après-midi, plus d'une centaine de jeunes réunis sur la Place des Nations ont manifesté en soutien à la mobilisation américaine pour un contrôle plus strict des armes à feu. Alors que des centaines de marche sont prévues aujourd'hui aux Etats-Unis et ailleurs, en Europe aussi, le contexte sécuritaire «fait peur», a déclaré l'une  des organisatrices.

«Arrêtez le silence. Mettez un terme à la violence des armes», scandaient ces jeunes, dont une majorité d'entre eux étudient à l'Ecole internationale de Genève (Ecolint). D'autres étudiants se sont joints à eux, certains avaient fait le déplacement de Berne, Bâle ou encore Zurich. Des dizaines de parents et des expatriés étaient également présents. Sur les pancartes fièrement brandies, des slogans aux airs de déjà vu: «Make America Safe Again» («Rendre à nouveau les Etats-Unis sûrs»), demandait l'une. «Protégez les enfants, pas les armes», exigeait l'autre.

Solidarité internationale

D'où est partie la mobilisation? Les collégiens se sont sentis «inspirés» par leurs camarades de lycée de Parkland, où un tueur a abattu 17 personnes il y a un peu plus d'un mois. Après cette tuerie, les rescapés ont organisé des marches pour demander un renforcement des conditions pour l'obtention d'armes à feu.

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«Comme étudiants, on s'est dit qu'on devait aider», explique Sofia, 17 ans, qui a monté en une semaine ce rassemblement genevois avec une amie. Cette Américano-Suissesse a elle-même une cousine dans le Maryland, près d'une zone où une autre tuerie a eu lieu récemment.

«Une idée terrible»

Elle se dit de moins en moins rassurée d'aller à l'école parce que «beaucoup de gens ont une arme» en Suisse aussi. Depuis deux ans, l'Ecole internationale de Genève a décidé d'investir dans une barrière métallique autour de son périmètre. Des exercices de confinement ont lieu plusieurs fois par année. Des mesures qui affectent les jeunes.

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Le président américain Donald Trump a proposé d'équiper les enseignants d'armes à feu. «Une idée terrible», souligne un professeur à l'Ecolint, Ben Colliard. «Il y a beaucoup d'armes à feu en Suisse. Mais ceux qui s'en servent sont entraînés», estime-t-il. Il lui faudrait «des heures et des heures» pour s'en accoutumer. Sans parler de la responsabilité: «Que se passerait-il si je tuais accidentellement un étudiant? Je ne crois pas qu'un enseignant pourrait vivre avec cela.»

Centaines de marches organisées

Le droit d'avoir une arme devrait être réservé aux fonctionnaires chargés de garantir la sécurité comme l'armée ou la police, renchérit Sofia. Elle cible aussi les dispositifs aux Etats-Unis qui modifient une arme semi-automatique pour pouvoir tirer des dizaines de coups de feu. «Les citoyens n'ont pas besoin» de telles armes.

A Genève, l'Ecolint a été lancée il y a plus de 90 ans après la Première Guerre mondiale pour une éducation des jeunes du monde entier autour des valeurs internationales. Elle est la plus grande école internationale au monde avec environ 3500 étudiants.