La brutale interruption du procès de l’assassin présumé de la petite Semhar, qui comparaissait à Genève devant la Chambre pénale d’appel et de révision, a braqué les projecteurs sur la fonction de juge assesseur. Outre la somnolence problématique du membre désormais démissionnaire de cette cour, un autre élément suscite un malaise plus profond. Parmi les quatre juges non professionnels siégeant à cette occasion figuraient deux avocats et un ancien juge d’instruction. Cette présence massive de techniciens du droit — dont certains ont des profils très marqués — est peu conforme à l’esprit du modèle conçu pour remplacer le défunt jury populaire dans les affaires criminelles les plus graves et pour lesquelles le parquet entend requérir une peine supérieure à 10 ans.