Climat

A Genève, l’école obligatoire peut faire grève pour le climat avec la bénédiction du DIP

A Genève, les élèves du secondaire veulent aussi marcher pour le climat ce vendredi. La conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta a décidé d’être permissive. Mais les grévistes seront sous la responsabilité des parents

Les élèves genevois de l’école obligatoire seraient-ils civiquement plus engagés que d’autres? Alors que ce sont leurs aînés – collégiens, apprentis, étudiants, de Suisse et d’Europe – qui ont appelé à la grève pour le climat, les jeunes du cycle d’orientation sont bien décidés eux aussi à admonester nos dirigeants, vendredi.

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Prise de court devant cet élan organisé horizontalement via les réseaux sociaux, la conseillère d’Etat Anne Emery-Torracinta a décidé de rencontrer, mardi, une délégation d’élèves représentant les organisateurs de la grève pour le climat, douze jeunes issus de plusieurs écoles. «Ils étaient très déterminés dans leur engagement, note Pierre-Antoine Preti, porte-parole du Département de l’instruction publique (DIP). Nous leur avons fait observer la différence d’âge (douze ans pour la neuvième année) entre eux et les collégiens et expliqué que le Département portait une responsabilité.» Il faut croire que ces élèves ont réussi à convaincre, puisque le DIP a décidé d’accompagner le mouvement plutôt que de le sanctionner, à l’instar de plusieurs cantons qui ont annoncé la tolérance zéro à l’endroit des sécheurs de cours. Ils pourront donc faire grève avec la bénédiction du DIP.

Epreuves maintenues

Le matin, libre aux enseignants d’organiser des activités en lien avec la thématique du climat. L’après-midi, le DIP autorise les élèves à participer à cette grève, pour autant que les parents aient signé la circulaire remise en urgence aux 40 000 élèves. Ce qui place les élèves participants sous entière responsabilité parentale. Une seule restriction à ce dispositif tolérant: les élèves astreints à des épreuves planifiées de longue date ne sauraient s’y dérober en évoquant le climat, sous peine de récolter la note 1. Le DIP a également prévenu les associations de parents et transmis l’information au parlement des jeunes. Il ne connaît pas à ce stade l’ampleur de la mobilisation.

N’est-ce pas une manière douce d’inciter les jeunes à faire grève pour un thème qu’il est difficile de ne pas soutenir? «Non, nous n’incitons personne, répond Pierre-Antoine Preti, même si sur le fond, nous n’avons en effet pas de divergences. On estime ainsi répondre de manière responsable à une préoccupation, tout en ne tordant pas trop les règles. En revanche, nous resterons attentifs à ce que cette dérogation ne crée pas un fâcheux précédent.» On peut imaginer en effet que certains élèves se découvrent tout à coup un sens civique aigu pour des causes moins légitimes. Il reviendra alors au DIP d’expliquer que la grève pour le climat ne constitue pas jurisprudence.

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