Dans les longs couloirs de l'Ecole du Bon Secours, on ne parle plus que de ça. Les informations parues dans la presse au sujet de Marie-Thérèse Engelberts, directrice de l'institution depuis dix ans et candidate démocrate-chrétienne au Conseil administratif de la Ville de Genève, sont l'objet de tous les commentaires. L'emprunt de plus de 150 000 francs contracté par cette dernière auprès de la fondation de l'Ecole laisse les enseignants et les étudiants pour le moins perplexes. Et suscite quelques turbulences au sein même de l'institution.

«Quelles seront les conséquences pour l'Ecole de toute cette affaire? s'interroge une enseignante qui forme des aides-soignants depuis plus de dix ans. Sa réputation en souffrira-t-elle? C'est ma principale inquiétude.» Il est vrai que le Bon Secours traverse une période cruciale. L'institution se bat depuis longtemps pour que sa formation d'infirmière soit reconnue comme une formation HES (Haute Ecole spécialisée). «Ce n'est pas le moment idéal pour se faire une mauvaise réputation.» Pour cette autre enseignante, attachée au Bon Secours depuis plus de quinze ans, c'est le fonctionnement interne qui soulève des interrogations. «Comment se fait-il que nous n'ayons pas été informés? Je n'ai jamais su qu'il était possible d'emprunter de telles sommes à des fins privées. Même certains membres du Conseil de fondation n'en savaient rien. Qui contrôle quoi dans cette maison?»

Confiance restaurée

Pour en débattre, une assemblée générale du personnel a été convoquée en urgence mardi soir. Objectif déclaré: établir une liste de questions à l'intention du président du Conseil de fondation, le professeur Bernard Chapuis. Mercredi matin, lors d'une séance extraordinaire, ce dernier a tenté de répondre aux questions qui lui étaient posées, en présence de Marie-Thérèse Engelberts. «L'ambiance était bonne, souligne une des enseignantes. Le dialogue avec Bernard Chapuis a été très ouvert. Tout n'est pas éclairci, mais une certaine confiance a été restaurée.» Le président du Conseil de fondation a réaffirmé que ces emprunts lui avaient toujours semblé une pratique normale, déclarée et transparente. «Rien ne s'est fait de mauvaise foi, a-t-il précisé. Les comptes étaient revus chaque année et il n'y a jamais eu de problèmes. Ces révélations sont clairement des attaques politiques destinées à blesser Madame Engelberts. Elles ne concernent pas l'Ecole elle-même.»

Des réponses qui n'ont satisfait que partiellement le personnel. Il attend beaucoup plus de la réunion du Conseil de fondation qui se déroule ce matin.