A Genève, l’opération Papyrus aurait été la cible de fraudeurs organisés, armés de faux documents. Les révélations de la Tribune de Genève, mardi, entachent le projet de régularisation de travailleurs sans papiers mené de 2017 à 2019. Alors que de nombreuses demandes sont encore en attente de traitement, l’opération est-elle remise en question? C’est du moins le vœu de l’UDC qui en profite pour dénoncer le «laxisme genevois», porte ouverte à une «violation à grande échelle du droit fédéral».

Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé, parle quant à lui d’un épiphénomène. «Ces tentatives de fraude sont marginales, mais pas anodines, estime-t-il. Elles méritent d’être relevées par souci de prévention.» Les «critères stricts» de sélection, notamment une bonne maîtrise du français, une indépendance financière et un casier judiciaire vierge, se sont-ils relâchés avec le temps? «Absolument pas, les fraudes décelées montrent au contraire que l’Etat n’est pas dupe, chaque cas est examiné de manière individuelle, nous ne sommes pas dans un processus industriel, contrairement à ce que veulent faire croire certains.» A ce stade, aucune fraude n'a abouti à une régularisation. «Si la situation devait se présenter, nous révoquerions naturellement le permis.»