Les pluies incessantes qui s'abattent depuis la semaine dernière sur la Suisse et particulièrement sur le canton de Genève, ont donné des sueurs froides au Conseil d'Etat genevois, surtout jeudi 8 mars: «Nous sommes passés près de la catastrophe», n'hésite pas à dire Robert Cramer, président du Département de l'environnement.

Ce jour-là, 55 mm de précipitations sont tombés en l'espace de huit heures. «Cela arrive tous les cinq à dix ans, note Fabio Heer, directeur du Service lac et cours d'eau. Mais cette fois-ci, c'était particulièrement préoccupant, car le sol était déjà saturé d'eau.» Les pompiers sont intervenus plus de 135 fois pour des inondations de caves et des pompages de conduite. A l'école Pinchat, une salle de classe située à l'entresol a même été envahie par l'eau. «Il ne manquait qu'une vingtaine de centimètres pour qu'elle atteigne le plafond», raconte Robert Cramer. A Versoix, les forains qui sont installés dans une zone inondable ont une fois de plus eu les pieds dans l'eau.

Sacs de sable impuissants

Malgré des sacs de sables empilés par prévention sur les berges affaiblies, quelques rivières gonflées (la Seymaz, l'Aire, l'Hermance) ont débordé de leur lit et ont inondé les alentours. Les rivières ayant débordé étant celles «où des travaux de renaturation n'ont pas encore été entrepris», précise le conseiller d'Etat écologiste. En revanche, les rivières telles que l'Allondon ont pu contenir le flux.

Pour Robert Cramer, l'incident de la semaine dernière démontre l'importance de renaturer les cours d'eau. «A cause du bétonnage et du goudronnage, les bassins versants sont étanches et l'eau n'est pas retenue. En renaturant les berges, cela permet de freiner l'écoulement, d'augmenter l'espace de la rivière et d'éviter son débordement.»

Les pluies abondantes du jeudi 8 mars ont toutefois aidé le Département de l'environnement dans l'élaboration du cadastre cantonal des zones inondables. «Plusieurs bâtiments ont été construits dans le lit des cours d'eau, ou sur des zones inondables, déplore Robert Cramer. L'autorité devra, selon les cas, soit prendre des mesures pour éviter des inondations, soit détruire les constructions et indemniser les propriétaires.»

Malgré les pluies qui continuent de s'abattre sur le canton, le risque d'inondation est faible. Toutefois, Fabio Heer appelle à la vigilance, notamment près des cours d'eau. «Car le risque de glissement de terrain près des berges est élevé», précise-t-il.