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A Genève, la loi sur la laïcité de l'Etat est fusillée par quatre référendums

Les comités de la Coordination référendaire combattent la nouvelle loi qui vient d’être votée au Grand Conseil. Ils dénoncent un texte contraire aux droits fondamentaux

Quatre référendums s’attaquent à la loi sur la laïcité de l’Etat, votée en avril par le Grand Conseil genevois. La coordination référendaire regroupe quatre comités, issus des partis de gauche et d’associations. Ses représentants dénoncent une loi «discriminatoire et contraire aux droits fondamentaux». Ils ont jusqu’au 20 juin pour récolter 6500 signatures.

Le référendum du comité Laïcité démocratique défend les libertés fondamentales de manifestations. Selon Pierre Vanek, député d'Ensemble à gauche, le nouveau texte prévoit l’intervention de l’Etat dans les pratiques religieuses, en «inventant à ces manifestations légales des restrictions spécifiques».

Le comité féministe cible un aspect de la loi qui renforcerait le mécanisme d’exclusion en s’attaquant aux droits des femmes de confession musulmane. La législation «prive les femmes portant un voile d’une partie de leurs droits politiques», souligne le comité. «On ne libère pas les femmes en les excluant», conclut Ines El-Shikh, membre de l’association Faites des Vagues.

Une police des consciences

Le troisième référendum concerne les droits humains. La nouvelle loi, «définit la laïcité comme une police des consciences et plus comme la liberté des religions», selon le comité. Sabine Tiguemounine, conseillère municipale à Meyrin, insiste: cette législation «empêche toute une jeunesse de pouvoir s’engager dans la politique».

Le quatrième comité, responsable de l’action syndicale, dénonce un texte qui «privilégie l’apparence à la performance». Ce référendum combat l’interdiction de tout signe ostentatoire des employés. «En disant que certains signes religieux sont acceptables et d’autres pas, la loi ouvre la porte à l’arbitraire», déclare Jocelyne Haller, députée d'Ensemble à gauche.

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