GENEVE

Genève. L'UDC avalise la présence d'un candidat «mégrétiste»

Ueli Maurer a trouvé un accord avec l'avocat de la Nouvelle Droite Pascal Junod

Pour Ueli Maurer, le président de l'UDC, l'«affaire» est close. Après plusieurs rencontres avec Pascal Junod, le candidat de la section genevoise du parti blochérien aux élections fédérales soupçonné d'être un des principaux responsables de l'extrême-droite en Suisse romande (Le Temps du 3 septembre), il a estimé jeudi que «rien ne l'accuse».

Alertée par la presse alémanique, l'UDC avait ouvert une enquête interne sur l'avocat genevois. Le parti agrarien n'a «rien trouvé dans le passé du candidat» en rapport avec l'«extrémisme» dont on l'accuse. La preuve? Aucune plainte, ni procès n'existent à son encontre. Et pour ceux qui auraient encore un doute, Pascal Junod s'est engagé à quitter «toutes ses fonctions» dans les associations liées à la Nouvelle Droite qu'il anime depuis le milieu des années 80, comme le Cercle Proudhon et le Cercle Thulé. Mais surtout, il devrait abandonner la présidence de l'Association des amis de Robert Brasillach (ARB), du nom d'un fasciste et antisémiste français qui fut condamné à mort pour collaboration avec les nazis après la Seconde Guerre mondiale.

C'est donc en toute connaissance de cause que l'UDC a donné son blanc-seing à un candidat de type mégrétiste. Pascal Junod se situe en effet lui-même dans la ligne du nouveau Mouvement national de Bruno Mégret, issu de la division du Front national l'an dernier. Un mouvement clairement considéré d'extrême-droite en France. L'avocat genevois, qui partage son étude avec un élu du Front national du département de l'Ain voisin, Olivier Wyssa, est notamment un proche de Pierre Vial. Ce dernier a été élu conseiller régional rhônalpin sur la liste du parti de Jean-Marie Le Pen, avant de rejoindre les troupes mégrétistes.

Pierre Vial est connu comme ancien dirigeant du GRECE, un groupe à l'origine de la Nouvelle Droite en France, d'inspiration païenne et luttant contre l'héritage de la philosophie des Lumières. Il a récemment été deux fois l'invité de Pascal Junod à Genève: en octobre 1998 lors l'assemblée générale des Amis de Robert Brasillach et en février 1999 dans le cadre du Cercle Proudhon.

Ce même cercle a reçu le 28 mai dernier Roger Garaudy, l'auteur des Mythes fondateurs de la politique israélienne, un ouvrage qui lui a valu une condamnation en France pour négationnisme. Un écrivain que Pascal Junod avait défendu en seconde instance en décembre dernier prenant ainsi le relais de Jacques Vergès. De bonne source, des skinheads ont assisté à ces deux dernières rencontres qui ont réuni 50 à 80 personnes.

Sur sa distanciation de ces cercles, Pascal Junod tient un discours plus nuancé: «Je suis prêt à démissionner. Mais il ne s'agit pas d'un ultimatum, c'est un geste à bien plaire.» Il en discutera d'abord avec l'UDC genevoise ce week-end dont il dispose de «l'entier soutien». Il devrait donner sa démission de la présidence de l'ARB d'«ici sa prochaine assemblée générale» en novembre prochain, soit après les élections fédérales.

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