Lorsqu’ils pénètrent dans cet immeuble de prestige, le 25 juin au petit matin, on doute que les inspecteurs de la police judiciaire genevoise aient pris le temps d’admirer le marbre et les dorures de l’entrée. Leur cible: un homme d’affaires de 45 ans à la réputation alors sans tache. Pourtant, ils le soupçonnent de s’être approprié de l’argent ne lui appartenant pas. Appelons-le Antoine. Sur place, c’est sa femme qui ouvre aux policiers et au premier procureur, Adrian Holloway. Le suspect est sur la Côte d’Azur. La police se rend ensuite dans les locaux de sa société, sur l’autre rive du lac. Ils y croisent le complice présumé de l’homme d’affaires, Claude*. Interrogé sur les raisons de sa présence, l’homme balbutie une version que le premier procureur ne croit guère. Il est acheminé directement à la prison de Champ-Dollon.

Antoine finira par être mis en prévention, le 8 juillet dernier, pour escroquerie, subsidiairement abus de confiance, et blanchiment d’argent. Claude l’avait été, plus tôt cette année, pour abus de confiance. Les deux restent présumés innocents.