Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le Musée d’art et d’histoire, en octobre 2015, à Genève.
© Keystone

Architecture

A Genève, le Musée d’art et d’histoire décroche enfin son classement

Le gouvernement genevois a inscrit l’édifice de l’architecte Marc Camoletti à l’inventaire des bâtiments classés. Cette décision met ainsi fin à la longue bataille à laquelle se sont livrés le Conseil d'Etat et l'association Patrimoine suisse pendant presque une décennie

Le Musée d’art et d’histoire (MAH) de l’architecte genevois Marc Camoletti a été déclaré «monument classé» par le Conseil d’Etat genevois. Dans un arrêté du 28 septembre, l’exécutif répond favorablement à la demande formulée en avril 2008 déjà par la section genevoise de l’association Patrimoine suisse (PsG). Cette décision met ainsi fin à la longue bataille à laquelle se sont livrés le gouvernement et l’association de protection du patrimoine pendant presque une décennie.

En réalité, l’édifice inauguré en 1910 avait déjà fait l’objet d’un premier classement en avril 2015 de la part du Conseil d’Etat. Mais à l’époque, ce dernier avait jugé que les futures transformations liées au projet d’extension et de rénovation n’étaient pas «remises en cause» par ce classement (article 3 de l’arrêté). Portée par les Ateliers Jean Nouvel et DVK Architectes pour un coût d'environ 132 millions de francs dont 65 millions à charge de la municipalité, la cure de jouvence du bâtiment prévoyait notamment d’occuper la cour intérieure par des plateaux d’acier.

Aux yeux de PsG, ce classement «par anticipation» du futur musée demeurait tout simplement inacceptable puisque ne protégeant pas l’édifice d’un geste architectural que l’association qualifiait de lourd. L’association dénonçait une surélévation «particulièrement inesthétique» et un «comblement de la cour dénaturant un monument inscrit à l’inventaire fédéral». Le 28 février, les électeurs de la Municipalité ont scellé le sort de ce vaste projet, le refusant à 54,35%.

L’étrange classement du Conseil d’Etat

Pour rendre compte de l’indolence avec laquelle le Conseil d’Etat a instruit ce dossier, il faut d’abord rappeler qu’il avait suspendu la procédure de classement en avril 2009 dans l’attente du nouveau projet qu’annonçait la Ville de Genève. Ce n’est que lors du dépôt de la requête en autorisation de construire, fin 2011, que la procédure a pu reprendre son cours. Mais alors comment expliquer la marche arrière du gouvernement sur sa volonté de classer un bâtiment dans sa forme future? Officiellement, le Conseil d’Etat prétend que «compte tenu du résultat de la votation municipale du 28 février 2016 et de la renonciation de la Ville de Genève à se prévaloir de l’autorisation de construire […], le chiffre 3 du dispositif de l’arrêté de classement n’a, manifestement, plus aucune portée juridique ni matérielle». On peut supputer qu’en regard de l’ampleur des protestations soulevées par cet étrange classement, l’exécutif a préféré y renoncer. «On pouvait douter des chances de succès juridiques d’un tel classement», avance Daniel Rinaldi, membre de PsG et architecte.

Néanmoins, le Conseil d’Etat rappelle que la mesure de classement ne doit pas être comprise comme une interdiction «absolue de mener, sur ce patrimoine bâti classé, des travaux destinés à en permettre l’évolution». «Il n’en demeure pas moins que tout nouveau projet devra être soumis à la procédure d’autorisation liée à tout bâtiment classé, au sens de l’article 15 de la loi de protection des monuments, de la nature et des sites (LPMNS)», précise le gouvernement dans son arrêté. Pas de quoi rassurer l’association qui a d’ores et déjà appelé les autorités à «respecter absolument les gabarits des différentes toitures et à maintenir leur architecture» ainsi qu’à respecter «strictement» l’architecture de la cour. Dans un communiqué, PsG avance qu’elle ne conteste ni la couverture de la cour par une verrière «aussi légère que possible», ni l’excavation de cette dernière pour créer de nouveaux espaces en sous-sol.


Sur le même sujet:

Publicité
Publicité

La dernière vidéo suisse

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

Le Conseil national a refusé de suivre l'avis du Conseil des Etats. Celui-ci voulait réduire de moitié la facture des nouveaux gilets de l'armée suisse. Il a été convaincu par les arguments du chef du DDPS, Guy Parmelin. La question reste donc en suspens.

Des gilets à 3000 francs pour l'armée suisse? Le débat divise le parlement

n/a