C'est presque devenu une habitude. A l'approche de la Journée mondiale de la femme, le Conseil d'Etat genevois propose des mesures pour réduire les inégalités entre homme et femme. Cette année, Martine Brunschwig Graf et Micheline Calmy-Rey ont présenté mercredi deux projets de loi novateurs, favorables à la promotion des femmes au sein de l'administration cantonale et des établissements publics médicaux et autonomes.

Ces projets offrent des avantages à ceux qui veulent concilier vie professionnelle et vie familiale. Le gouvernement genevois veut ainsi autoriser les fonctionnaires à prendre, à l'issue du congé de maternité, un congé parental de deux ans. Aucun salaire ne sera perçu, en revanche la continuité de la progression salariale et la réintégration de la fonction occupée précédemment seront assurés pendant cette période. Cette mesure s'appliquera autant aux hommes qu'aux femmes.

Le second avantage concédé par le Conseil d'Etat consiste, toujours au sein de l'administration, à prendre en compte les années consacrées à l'éducation des enfants lors de la fixation des traitements de salaire. Une année représentera une demi-annuité. Un maximum de cinq annuités pourrait être comptabilisé. «Cela permettra aux personnes qui assument des charges familiales de poursuivre leur progression professionnelle», souligne Martine Brunschwig Graf.

D'autre part le gouvernement propose quelques améliorations toujours liées à la parenté. Le congé de naissance accordé au père serait augmenté à 5 jours, contre 3 actuellement. Les congés annuels pour les maladies d'enfants, jusqu'à l'âge de 6 ans, passeraient de 5 à 15 jours. Et puis, le congé de maternité entre le 7e et le 12e mois durerait 12 semaines, alors qu'il n'est que de 8 semaines. Par ailleurs, l'Etat s'engagerait à remplacer systématiquement les congés maternité, afin d'éviter les discriminations dont souffrent certaines femmes désirant un enfant. Cette dernière mesure serait la plus onéreuse: 8 millions de francs par an alors que les précédentes ne nécessiteraient qu'un financement de 3 millions de francs.

Le Conseil d'Etat souhaite que ces mesures entrent en application dès le 1er juillet 2001, en même temps que l'assurance maternité. Toutefois, ces projets de lois doivent encore être approuvés par le Grand Conseil. La vice-présidente du gouvernement estime que les députés «ne devraient pas prendre beaucoup de temps pour les examiner».

En plus des mesures concrètes, le Conseil d'Etat a rédigé un projet de loi qui fixe des principes applicables au sein de l'administration cantonale. «Ces principes, souligne Micheline Calmy-Rey, instaurent la non- discrimination en fonction du sexe, des convictions religieuses ou politiques, l'égalité entre femme et homme, le développement personnel de tous les collaborateurs et la possibilité de concilier vie familiale et travail.»