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Olivier Jornot et Stéphane Grodecki à Genève en juin 2013.
© MARTIAL TREZZINI

Réorganisation

A Genève, Olivier Jornot s’adjoint un premier procureur spécial

Le patron du Ministère public partagera désormais ses dossiers sensibles avec Stéphane Grodecki. Le nombre des premiers procureurs va passer de quatre à cinq pour permettre cette nouvelle répartition des tâches

Réorganisation en vue à la tête du Ministère public genevois, a appris «Le Temps». Le procureur général Olivier Jornot veut un adjoint pour l’épauler dans les procédures dites présidentielles afin de répartir le fardeau des affaires sensibles impliquant policiers, avocats ou encore politiques. C’est le premier procureur Stéphane Grodecki qui assumera cette tâche tout en abandonnant la direction de sa section à un cinquième et nouveau premier procureur dont l’élection est prévue la semaine prochaine.

Dossiers très divers

Depuis plus de quatre ans, Olivier Jornot mène de front la direction du parquet, la présidence de la commission de gestion du pouvoir judiciaire et l’instruction des dossiers délicats. Autant de casquettes qui alourdissent la charge du magistrat. «C’est le moment d’avoir une normalisation du régime de travail», souligne le principal intéressé.

Pour ce faire, il entend partager les affaires que la tradition attribue au patron de la juridiction. «Le nombre de procédures revêtant un caractère présidentiel est trop important pour être traité exclusivement par le procureur général», explique Olivier Jornot. Le champ de ces dossiers, des centaines par année, est vaste et va du plus simple au plus compliqué. Un excès de vitesse commis par un policier qui a enclenché les feux bleus, un député qui pousse très loin la critique, un gardien de prison à la main trop lourde, un avocat aux pratiques douteuses ou encore toutes les plaintes pour abus d’autorité contre les forces de l’ordre.

Pour «une meilleure répartition»

En plus du critère du métier, certains dossiers présentent des enjeux qui en font aussi des affaires présidentielles. Les soupçons de corruption au sein de l’Office cantonal de la population, les malversations au préjudice des Hôpitaux universitaires de Genève ou encore un arbitrage exotique sur fond de lutte pour le pouvoir koweïtien. Ces trois enquêtes sont d’ailleurs en main du premier procureur Stéphane Grodecki avant même sa nouvelle affectation.

«Certaines de ces procédures sont déjà confiées aux premiers procureurs. Une meilleure répartition permettra désormais aux autres de se concentrer sur leurs activités», précise Olivier Jornot. Le procureur général n’envisage toutefois pas d’abandonner lui-même toute instruction ou accusation au procès. «Je considère que cela fait partie de la fonction. Il est important qu’un certain nombre d’affaires restent sous ma férule.»

Un intérêt manifeste

Stéphane Grodecki, 39 ans, socialiste, docteur en droit, entré dans la magistrature en 2010 comme juge d’instruction, est un minutieux et un coriace. Il est le plus jeune des quatre premiers procureurs (Gaëlle Van Hove, Laurence Viollier et Yves Bertossa qui est aux affaires complexes). Il connaît bien le patron du parquet pour avoir travaillé comme avocat au sein de la même étude que lui. C’est encore Stéphane Grodecki qui a été désigné pour siéger cet été, avec voix consultative, au Conseil supérieur de la magistrature à la place d’Olivier Jornot, lorsque l’instance de surveillance s’est penchée sur la procédure disciplinaire concernant ce dernier.

Rien de surprenant donc à le voir propulsé premier procureur chargé des procédures présidentielles. Olivier Jornot indique avoir proposé la nouvelle tâche à ses quatre adjoints. «Stéphane Grodecki a manifesté son intérêt pour ce travail». Ce dernier confirme et écarte toute ambition de devenir le dauphin: «Ce sera l’occasion pour moi d’élargir mon champ d’investigation. L’intérêt des dossiers est ma seule motivation.»

La plénière des 43 magistrats du parquet a déjà été consultée et la réorganisation est désormais entérinée. Il ne manque plus que l’élection du futur cinquième premier procureur par un collège réunissant deux juges de la filière pénale, deux procureurs ainsi que le patron du Ministère public. Ce sera chose faite mercredi 23 novembre.


Lire aussi: Olivier Jornot suspecté de «putsch judiciaire»

… et encore: A Genève, trois avocats et un cheikh sont inculpés pour faux arbitrage

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