Genève, comme d’autres cantons romands, revoit ses dispositions sanitaires pour juguler tant que possible l’augmentation massive des contaminations. A quelques déclinaisons près, la situation fait furieusement penser à celle connue il y a une année. Après le Jura, Neuchâtel ou encore Fribourg, Genève sollicite donc l’aide du personnel médical de l’armée. «La demande précise et chiffrée du canton partira demain (jeudi), voire dans les prochaines heures», indique Laurent Paoliello, porte-parole du Département de la sécurité, de la population et de la santé.

Il est ainsi prévu qu’une partie des 120 militaires du bataillon hôpital 2, convoqués ce début de semaine, viennent soulager des soignants fonctionnant en mode crise depuis bientôt deux ans. Le personnel sanitaire de l’armée étant apte à prodiguer certains gestes médicaux, cette aide supplémentaire était souhaitée par les Hôpitaux universitaires genevois (HUG). A terme, il est également envisagé que les militaires puissent venir soutenir l’Institution genevoise de maintien à domicile.

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En parallèle, et à l’image du canton de Vaud qui fait de même sur le site de Beaulieu, un nouveau centre de test voit le jour avec une capacité supplémentaire de 1000 tests quotidiens. Situé au centre-ville, celui-ci ouvrira dès aujourd’hui ses portes de 8h00 à 22h00 sur rendez-vous. Mais à un jour du Nouvel An, le message est clair: «Notre priorité est de tester les personnes présentant des symptômes», explique Laurent Paoliello. Il est donc prévu d’analyser et de communiquer les résultats de tests «symptomatiques» d’abord. Enfin, à compter du 1er janvier, il faudra être guéri ou avoir été vacciné depuis moins de 4 mois pour pouvoir bénéficier d’une exemption de quarantaine, contre une année actuellement.

Personnel soignant fatigué

L’aide de l’armée est plus que bienvenue pour les HUG: face à la 5e vague, les schémas se répètent et l’institution doit revoir régulièrement les forces allouées aux patients covid. Dans le même temps, elle doit pallier un absentéisme d’environ 10 à 12% de son personnel, dû également au coronavirus. En l’espace d’un mois, les hospitalisations ont bondi de 83 à 271 personnes aujourd’hui. Un premier renforcement avait eu lieu avec l’ouverture de 132 lits au début du mois. A l’explosion des cas, il faut ici ajouter la période des vacances, qui induit notamment une disponibilité des médecins traitants réduite.

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A l’interne, les messages se succèdent dans différents services pour recenser les forces disponibles et venir compléter des tranches horaires sur base volontaire. Si la mobilisation des médecins se fait, entre autres, sur un critère de motivation, il n’est pas exclu que du personnel soit à terme réquisitionné pour faire face à l’afflux des cas covid. La grande préoccupation des soignants se fait sentir. «Nous pensions que le plus dur était passé, il est en fait devant nous car le risque n’est plus seulement lié au virus, aux nombres de cas, aux places disponibles, mais à notre propre capacité à tenir. Tenir ensemble, pour chacun», conclut ainsi un chef de service à l’adresse de ses équipes.

Soins «prioritaires» et consultations «indispensables»

Si l’adaptation de l’hôpital est continuelle, elle s’est accélérée ces derniers jours. Après l’ouverture lundi d’une unité disposant de 16 lits aux patients atteints du coronavirus, deux unités supplémentaires ont suivi aujourd’hui. De fait, il ne restait qu’une seule place aux soins intermédiaires mardi soir. «La situation est réévaluée chaque jour et des unités sont ouvertes au fur et à mesure des besoins. La priorisation des soins n’est aujourd’hui pas appliquée», explique la communication des HUG.

Le flux de patients reste tendu et amène par exemple le service de médecine de premier recours à fonctionner sous le mode des consultations «indispensables», déprogrammant ainsi les rendez-vous non urgents. La continuité des soins sera également revue, selon les priorités listées par les soignants. Exit l’habillage des patients ou le bilan diététique au repas. Dans la pire des situations, seuls les pansements souillés seraient par exemple changés.