finances publiques

A Genève, le PDC pose ses conditions pour soutenir le budget cantonal

La formation du centre ne veut plus jouer les bons offices. Elle demande que la hausse des charges prévue en 2019 soit moins importante que dans le projet du Conseil d’Etat

Avant de profiter du week-end, certains députés vont devoir s’enfermer avec Nathalie Fontanet, ce vendredi soir. La ministre des Finances PLR a convoqué les partis gouvernementaux à une séance destinée à sauver le budget 2019. En Commission des finances, une courte majorité l’a en effet refusé. Les fronts semblent rigidement opposés.

Ce n’est pas du côté du PDC qu’il faut attendre de la souplesse. «Nous avons joué les bons offices lors des deux dernières années. Cette époque est révolue», résume Olivier Cerutti, vice-président de la Commission des finances. Le projet de loi déposé par la PLR prévoit un budget de 8,6 milliards de francs, avec la création de 338 postes et un excédent de 60 millions de francs. Dans le front du non, le PDC joue un rôle de pivot.

Réduction des dépenses demandée

Le niveau de hausse des charges (2,7%) déplaît fortement au parti centriste. «Des revenus inattendus de 232 millions ont été annoncés, précise Jean-Luc Forni. Au lieu de faire baisser les dépenses, Nathalie Fontanet s’est empressée de donner des gages à la fonction publique en renonçant à des mesures d’économies.» Le PDC veut ramener le chiffre de 2,7% à 1,5%. Un effort de 37 millions de francs, a calculé le député, qui précise que la version initiale du projet de budget prévoyait +1,8%.

La seconde revendication du PDC, hors budget, a été provisoirement satisfaite mercredi soir. La réforme de la caisse de retraite des fonctionnaires imaginée par le Conseil d’Etat et que le parti soutenait a été votée à une courte majorité, toujours en Commission des finances. «C’est un projet centriste, insiste Olivier Cerutti. Le seul qui puisse passer la barre devant le peuple.»

Un budget «généreux»

Au total, le PDC prône donc un budget 2019 moins excédentaire qu’actuellement. «N’oublions pas que la réforme de l’imposition des entreprises privera le canton d’environ 300 millions. En plus des millions que coûtera la caisse de pension des fonctionnaires, cela fait beaucoup. C’est une masse d’argent que le Conseil d’Etat devra aller chercher dans l’emprunt ou l’impôt», regrette Jean-Luc Forni.

Le Grand Conseil consacrera ses journées de jeudi et vendredi prochains au vote du budget. Si aucune majorité n’est trouvée, le canton fonctionnerait en 2019 avec le budget de 2018 (douzièmes provisoires). «C’est dans l’intérêt de la gauche d’entrer en négociation, affirme Jean-Luc Forni. Le budget 2019 est plus généreux que celui de 2018, même avec une coupe de 37 millions.»

Le parti du centre risque d’être déçu. «S’allier avec le PDC nous obligerait à laisser des plumes. Pour nous, il est plus facile de nous aligner sur Ensemble à gauche», indique le député socialiste Christian Dandrès. La formation d’extrême gauche fait partie du camp du non, jugeant les investissements dans le social et la santé trop modestes. Mais pour elle, le système des douzièmes provisoires serait «catastrophique», conclut le socialiste.

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