La Chambre pénale d’appel et de révision de Genève a condamné jeudi à quinze ans de prison l’ex-employé des Transports publics genevois (TPG) qui avait abattu son chef de deux balles dans son bureau en août 2011. Cet homme avait écopé de treize ans en première instance.

Les juges n’ont retenu aucune circonstance atténuante et ont écarté le repentir sincère. Il a été reconnu coupable d’assassinat, de tentative d’assassinat et de tentative de lésions corporelles graves. L’ex-employé voulait aussi tuer un autre collègue et mettre une balle dans le genou d’un troisième.

Comme le Tribunal criminel en première instance, les juges ont souligné la préparation méticuleuse de cet homme pour se venger de son chef et de ses deux collègues. Il n’est pas possible d’exclure l’assassinat, selon la Chambre pénale d’appel.

Cet ancien responsable des lignes aériennes aux TPG avait entrepris des démarches plusieurs mois en avance pour acquérir une arme et avait acheté une cagoule ainsi qu’une moto pour fuir après son crime. L’homme a agi de sang-froid , avec détermination, à la manière d’une exécution, souligne la Chambre pénale d’appel.

Par vengeance

Ce 22 août 2011, l’homme armé fait d’abord le tour des chantiers pour chercher son chef et ses deux collègues. Ne les trouvant pas, il va au siège des TPG au Bachet-de-Pesay. Il se rend dans le bureau de son chef qu’il abat de deux balles sans dire un mot. L’assassin prend la fuite en moto. Il est arrêté le lendemain en Italie. Il avait appris quelques jours avant le drame qu’il serait rétrogradé.

L’homme a agi par vengeance, estiment les juges. Miné par des problèmes personnels, il se sentait rabaissé par sa hiérarchie. La victime, un homme direct selon les témoignages, avait été engagée pour mettre de l’ordre dans son unité. Elle ne lui avait ni imposé de graves humiliations, ni ne l’avait harcelé. Sa seule erreur a été de mal gérer une séance, relèvent les juges.

Pas de prise de conscience

Même si l’assassin a fait des efforts financiers importants pour dédommager la famille de la victime, les juges estiment qu’il n’y a pas de prise de conscience, ni de changement d’état d’esprit chez cet homme. Il évoque toujours la situation conflictuelle avec ses employeurs alors que son motif est «futile et égoïste».

A sa décharge, les juges retiennent des événements de vie difficile - notamment les décès de son fils et de son père -, des tensions au travail, sa dépression et ses efforts de dédommagement. Ils ont cassé le premier jugement et le condamnent à quinze ans de prison. Le Ministère public avait requis 17 ans en première instance.

Toutes les parties avaient fait appel du jugement de premier instance. L’homme condamné jeudi examinera la question d’un recours au Tribunal fédéral, a indiqué son avocat, Me Robert Assaël, à l’issue de l’audience.