Mobilité

A Genève, Pierre Maudet pense avoir mis fin au problème endémique des taxis

La nouvelle loi a connu une période de transition qui s'est terminée. Le nombre de véhicules autorisés va diminuer

Voilà six mois que la nouvelle loi sur les taxis et véhicules de transport avec chauffeurs (VTC) est en vigueur à Genève. A la fin de cette période transitoire, Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé de la Sécurité et de l’Economie, ne s’est pas privé de tirer un premier bilan personnel: «Ce dossier, serpent du lac à Genève, peut être considéré comme réglé.»

Le secteur des taxis à Genève a en effet longtemps représenté un cauchemar pour la population comme pour les élus: des prestations très onéreuses et médiocres en comparaison internationale, une image de Genève dégradée, plusieurs associations professionnelles aux intérêts divergents mais au pouvoir de nuisance certain. La venue d’Uber, à l’été 2014, a encore envenimé la situation.

Baisse du nombre de taxis

L’optimisme du magistrat est basé sur plusieurs chiffres. Le plafond du nombre de taxis autorisés va passer de 1300 à 1100. C’est du moins ce que le PLR va proposer dans une prochaine modification du règlement. Cette baisse correspond à ce que demandaient les professionnels. «Cela augmente le revenu de ceux qui sont déjà sur le terrain et qui souffrent beaucoup de la concurrence des VTC», dit Cédric Bouchard, patron de Taxiphone. Auparavant, 1125 taxis étaient agréés: 870 jaunes, qui avaient le droit de rouler sur les voies de bus, et 255 bleus, sans privilège. Ils entraient déjà en concurrence notamment avec les limousines.

Les acteurs de ce marché évoluent et la nouvelle loi (LTVTC) prend cela en compte. La période transitoire a permis aux chauffeurs de revendre le droit d’exercer qu’ils avaient acquis pour 40 000 francs. Pendant cette durée, 94 transactions ont eu lieu sous le contrôle de l’Etat. Certains ont acquis plusieurs plaques pour leur compte. Dans le même mouvement, 104 entreprises de transport se sont créées, et 10 «diffuseurs de course» se sont annoncés, soit des services comme Taxiphone et Uber qui mettent en relation chauffeurs et passagers. Des données qui font dire au magistrat que le marché du transport à Genève s’élargit et est attractif.

Examen à passer

La nouvelle législation s’est accompagnée d’une simplification. La distinction entre taxis jaunes (qui avaient le droit de rouler sur les voies de bus) et bleus (sans ce privilège) n’a plus cours. On parle désormais strictement de taxis ou de VTC. Un logo apposé sur les portières avant des premiers les distinguera des seconds, une fois que son graphisme aura reçu l'aval des professionnels. 

Un nouvel examen a par ailleurs été mis sur pied pour les entrants. «Nous sommes satisfaits que nos efforts pour soutenir nos partenaires chauffeurs aient été couronnés de succès, a dit un porte-parole d’Uber. Cependant, nous ne savons pas encore combien de partenaires pourront passer l’examen en 2018. Il y a des centaines de chauffeurs VTC qui se sont déjà enregistrés sur notre plateforme, mais ils doivent attendre pour passer l’examen et commencer à gagner leur vie en conduisant. Il est très important que ces chauffeurs aient bientôt l’occasion de se conformer aux exigences de la LTVTC, afin que les Genevois puissent continuer à bénéficier d’une mobilité sûre, fiable et abordable.»

Davantage de moyens pour les contrôles

Autre nouveauté: depuis le 4 décembre, une barrière permet de filtrer les professionnels autorisés à venir embarquer des clients à l’Aéroport international de Genève, et d’assurer ainsi un meilleur service aux clients. Plus largement, le contrôle de l’application sur le terrain de la nouvelle loi jouit de moyens plus importants. Une ponction sur la taxe professionnelle (1400 francs annuels) a permis de financer 11 postes à la police.

Sur ce point, Cédric Bouchard se dit déçu, les contrôles promis au 1er janvier n’étant ni aussi nombreux ni aussi intransigeants qu’annoncé par les autorités.

Enfin, Pierre Maudet s’est dit favorable à deux projets de loi qui veulent autoriser tous les taxis à rouler sur les voies de bus, même à vide, ce qui leur est interdit à l’heure actuelle. La nouvelle loi est la troisième à avoir été rédigée à Genève depuis le début du siècle.

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