Malgré un certain ralentissement en 2009, l’attractivité du pôle économique genevois ne se dément pas, analyse Nicolas Müller, responsable de l’information statistique régionale à l’Office cantonal de la statistique (Ocstat).

La preuve: à Genève, plus d’un actif sur trois réside hors du canton, estime l’Ocstat par extrapolation et combinaison de plusieurs sources statistiques. En 2010, sur un total de 299 000 personnes qui exercent une activité professionnelle à Genève, quelque 109 000 personnes vivent hors des frontières cantonales. Plus précisément, 80 000 personnes sont domiciliées en France et 29 000 habitent dans un autre canton suisse.

L’office distingue quatre catégories de travailleurs non résidents. Les 27 400 «navetteurs», d’abord (hors fonctionnaires internationaux), qui vivent dans un autre canton. La plupart d’entre eux sont installés dans le canton de Vaud (22 800), et en particulier dans le district de Nyon (13 300). Deuxième catégorie: les fonctionnaires internationaux. Sur un total de 20 700 personnes, 8800 habitent en France et 1500 dans un autre canton suisse.

Troisième catégorie, les frontaliers suisses résidant en France: ils seraient 16 500 selon l’Ocstat. Mais largement plus nombreux, selon la députée UMP de Haute-Savoie Virginie Duby-Muller, qui estime à 20 000 le nombre de «faux résidents secondaires» suisses dans son département. L’élue a d’ailleurs dénoncé récemment ce phénomène dans une proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale pour rendre obligatoire la déclaration de domiciliation en France.

Enfin, et c’est de loin le plus gros du contingent, les frontaliers étrangers actifs, au nombre de 54 400, toujours en 2010. «Pour cette catégorie de travailleurs non résidents, la tendance est clairement à la hausse, relève Nicolas Müller. A fin 2012, ils sont 65 150. Leur nombre a doublé en 10 ans: ils étaient 32 000 en 2002. Cela représente un taux de croissance de 7,1% par an.»

Nicolas Müller note encore que ces frontaliers viennent parfois de loin en France pour s’établir à la frontière et travailler à Genève. «Dans les années à venir, le recensement en France nous donnera plus de renseignements quant au profil et à l’origine de ces nouveaux frontaliers», conclut-il.