Justice

A Genève, les policiers botanistes font reparler d’eux au tribunal

Un chef de groupe est condamné pour avoir subtilisé deux plants de cannabis dans un stock saisi lors d’une perquisition et entreposé dans le garage des forces de l’ordre. Une histoire rocambolesque

On les surnomme «les botanistes» du poste de Blandonnet. Les trois policiers genevois devenus célèbres pour s’être emparés de quelques jeunes pousses de marijuana entreposées dans le stock des pièces à conviction devaient être jugés tous ensemble ce vendredi. Deux des plus jeunes adeptes de l’expérimentation cannabique ayant finalement accepté leur condamnation par ordonnance pénale, seul le chef de groupe, candidat malheureux à l’Inspection générale des services (la police des polices), était de la partie pour plaider la thèse du grand malentendu. Sans parvenir à convaincre le tribunal.

C’est un sergent-chef plutôt désabusé qui a pris place sur le banc des accusés. Agé de 49 ans, entré depuis bientôt trois décennies dans la gendarmerie, il raconte qu’à l’époque des faits, il en avait vraiment marre de patrouiller la nuit. Un grave accident de moto lui avait laissé des séquelles qui rendaient cet horaire, et le port de la ceinture, encore plus pénible. Marre aussi de l’Etat qui ne voulait plus, économies budgétaires obligent, lui rembourser l’achat de nouvelles lunettes. Deux facteurs qui reviendront dans son récit des événements du 12 janvier 2018, au petit matin.