Un pari: vulgariser quelques enjeux scientifiques contemporains au moyen de cas limites. Genève a choisi cette démarche dans le cadre du Festival national Science et cité, agendé du 4 au 11 mai. Alors que d'autres programmes – la manifestation a lieu dans 10 villes universitaires – se révèlent plus classiques (portes ouvertes, etc.), le festival genevois explorera la ligne de frontière entre «la» science et les savoirs connexes ou parallèles, soit un thème «non strictement académique», souligne Hervé Platteaux, chef de projet. «Il ne faut pas croire qu'il a été facile de l'imposer à la communauté universitaire, nous prenons un risque», ajoute le généticien Pierre Spierer.

Les extraterrestres existent!

Pour élargir le propos, plusieurs institutions culturelles sont associées: Saint-Gervais, où sera montrée une série d'images trompeuses remettant en cause la véracité du document visuel, ou le Musée d'ethnographie, qui projettera une série de films documentaires. En outre, plusieurs rencontres publiques confronteront chercheurs et analystes tel que le sociologue Pierre Lagrange, connu pour ses travaux sur la mythologie extraterrestre tendance Roswell. Un concours «Les extraterrestres existent!» sera d'ailleurs proposé aux enfants des écoles genevoises, chargés de produire de fausses preuves bouleversant les évidences.

Le CERN, pour sa part, démythifiera la «magie» inhérente à la recherche en physique, tandis que le Musée d'histoire naturelle décortiquera le nouveau slogan: «Objectif Mars». Le tout devisé à un million de francs, dont 415 000 francs de parrainages locaux. De fait, la mobilisation genevoise paraît forte, indice d'une volonté nouvelle des chercheurs à se tourner vers le public, en allant même jusqu'à se frotter aux mythologies populaires.