Ils sont les professeurs de demain mais peinent à joindre les deux bouts. A Genève, la situation des étudiants de l’Institut universitaire de formation des enseignants (IUFE) inquiète les députés. Fragilisés par la crise, beaucoup ont perdu leur emploi alimentaire et ne disposent pas de suffisamment d’heures de cours rémunérées pour s’en sortir. Alertés, des élus socialistes et PDC ont déposé respectivement une motion et un projet de loi pour leur venir en aide, notamment par le biais d’une bourse. Les deux projets ont été renvoyés en commission à la quasi-unanimité et seront examinés ces prochains jours.

A côté des cours théoriques, les étudiants de l’IUFE travaillent sur le terrain durant leur formation de deux ans. Depuis 2020, les premières années effectuent pour la plupart un stage rémunéré en «responsabilité». En deuxième année, en revanche, pas de garantie, les étudiants obtiennent des heures en «responsabilité» ou en «accompagnement», aux côtés d’un maître et non défrayées. «Chaque étudiant se voit attribuer un établissement qui lui propose des heures en fonction de ses besoins, détaille Pierre-Hugues Meyer, président de l’Association des étudiants de la formation des enseignants du secondaire (AEFES). Certains reçoivent huit ou dix heures d’enseignement, d’autres trois ou quatre voire aucune. C’est l’arbitraire le plus total.»