Genève récolte les fruits de sa pénurie de logements. Publiée hier, la dernière étude de l'Office cantonal de la statistique (Ocstat) sur les transactions immobilières au bout du Léman fait état d'une hausse des prix sans précédent depuis les années 90. Ainsi, entre 2005 et 2007, le prix de vente des appartements au m2 a bondi de 25,3%. Durant cette période, les villas ont connu le même sort, avec une explosion des prix de 27%.

Des villas à 2 millions

Plus précisément, en 2007, le m2 des appartements anciens coûtait 6624 francs, contre 4983 francs pour les logements modernes. Prix moyen d'une villa neuve la même année: 1,366 million, contre 2,120 millions pour l'achat d'une maison ancienne.

Le prix des terrains à bâtir n'est pas en reste: pour les surfaces en zone dites «villas», le m² s'envole de 48% sur deux ans pour atteindre en moyenne 1049 francs. Les objets disponibles sont si rares que seulement 69 transactions ont été effectuées en 2007.

De plus en plus d'investisseurs

Dans son étude, l'Ocstat relève également que le canton enregistre un recul de 11,4% des transactions immobilières entre 2005 et 2007, malgré la bonne santé de l'économie ces années-là. Ainsi, les ventes d'appartements en propriété par étage baissent de 25,3% par rapport à 2005, ce qui représente 987 transactions au total.

Selon Gregory Boria, économiste à la Chambre genevoise immobilière, «ce recul s'explique principalement par la difficulté de construire: l'offre ne suit pas la demande. Même si on a construit 1633 logements en 2007 contre 1205 en 2006, cela ne suffit pas».

Car le logement ne constitue pas seulement un besoin fondamental, poursuit l'économiste: il est devenu un secteur d'investissement très prisé. «De plus en plus de gens achètent pour louer. Et cette tendance va s'accentuer avec la crise qui sévit sur le marché des actions et des obligations, où le rendement est moins sûr.»

Alléger les procédures

Avec son taux de vacance de logements de 0,2%, Genève est paralysé. Pour que la situation s'améliore, explique Gregory Boria, «il faudrait que l'Etat assouplisse les procédures auxquelles sont confrontés les professionnels qui ont envie de construire. Les délais d'études et de délivrance des autorisations de construire doivent être raccourcis», estime-t-il.