Genève a remis le rapport d’études sur la traversée du lac à la Confédération. Objectif: inscrire le projet dans la planification des routes nationales, en vue d’un financement par le fonds FORTA. Le coût global est estimé à 4,775 milliards de francs.

«Genève a porté le dossier à un niveau de maturité suffisant pour qu’il soit transmis à la Confédération», a indiqué mercredi le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, en charge du Département du territoire. Après l’adoption de l’initiative constitutionnelle «Pour une grande traversée du lac» par le peuple en juin 2016, le Grand Conseil a voté en mars 2019 un crédit de 6,3 millions de francs pour ces études.

Le projet, appelé «Contournement Est», vise à désengorger les centres urbains, en particulier le centre-ville de Genève, et à compléter le réseau du Léman Express. L’option retenue pour la traversée du lac est celle d’un pont multi-haubané émergeant à une distance d’environ 200 mètres des rives, comme l’avait préconisé le comité consultatif ad hoc.

Coûts élevés

Le tracé des tronçons terrestres a été adapté, mais il devra faire l’objet d’études complémentaires, selon le rapport. Il est ainsi notamment prévu que la route de deux fois deux voies sur la rive gauche soit presque entièrement souterraine afin de limiter ses impacts sur l’environnement lors de l’exploitation. En outre, le tracé évite l’ensemble des périmètres naturels protégés.

Ces choix vont engendrer des coûts de construction élevés, relève le rapport. La réalisation du projet est estimée à 4,775 milliards de francs, y compris les ouvrages sur le territoire français. Le degré de précision de cette estimation est de plus ou moins 35%. De plus, l’infrastructure sera déficitaire à raison de 60 millions de francs par an.

Le projet ne permettra pas non plus au canton d’atteindre son objectif climatique de réduction des émissions de CO2. Malgré tout, le rapport relève que les avantages en matière de mobilité sont plus importants. L’infrastructure offrira de nouveaux points de connexion entre la Suisse et la France. Couplée à l’élargissement de l’A1, elle permettra de rapprocher les deux rives du lac et d’améliorer les temps de parcours tout en réduisant les accidents.

Financement fédéral

Le rapport complet a été adressé mercredi au Département fédéral de l’environnement, des transports (DETEC). Ce dernier doit élaborer le prochain message du programme de développement stratégique relatif au fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA) qui sera soumis au Conseil fédéral en 2022, puis au vote des Chambres en 2023.

La réalisation du Contournement Est est donc conditionnée au feu vert de la Confédération. En cas d’approbation, l’ouvrage ne verrait pas le jour avant 2040.