Des requérants dénoncent leurs conditions d’accueil

Genève Une lettre critique les abris PC

A Genève, un cri de détresse provient des abris PC. Deux mois après l’incendie du centre de requérants d’asile des Tattes à Vernier (GE) ayant coûté la vie à un Erythréen de 29 ans, un groupe de 120 personnes logées dans des abris PC a envoyé lundi une lettre à l’Hospice général. Dénonçant des «conditions de vie déplorables, des états d’angoisse et de tension permanentes», les signataires logés dans trois différents bunkers craignent pour leur vie si un incendie venait également à s’y déclarer. Sanitaires «insuffisants et insalubres», «nourriture avariée», «punaises de lit»: selon eux, l’environnement représente un danger pour la santé physique et psychique. «Comment l’Hospice s’engage-t-il pour la dignité quand il nous fait vivre ainsi?» s’interrogent les auteurs de la ­lettre.

Celle-ci est adressée à la directrice de l’Aide aux migrants de l’Hospice général. Ariane Daniel Merkelbach, qui connaît les lieux incriminés, admet des conditions d’accueil difficiles. «Elles ne sont humainement pas satisfaisantes. Partager le dortoir avec des voisins qui n’ont pas le même rythme que vous, sans accès à la lumière ou à l’air frais est difficilement acceptable», conçoit-elle. Pourtant la lettre n’entraînera pas la fermeture des abris PC comme demandé par les requérants d’asile, «la saturation complète des logements d’accueil dans le canton de Genève étant actuellement une réalité».

Requérants sélectionnés

«Dans ces abris PC, nous plaçons prioritairement les hommes célibataires – requérants d’asile déboutés ou en cours de procédure – pour laisser les familles occuper les autres dispositifs d’accueil», poursuit Ariane Daniel Merkelbach. Les structures d’asile du canton de Genève ont connu une hausse des arrivées de 9% en une année, soit 5218 personnes reçues en 2014, des arrivées supplémentaires sont prévues en 2015. «Nous sommes en constantes discussions avec les autorités étatiques afin d’obtenir de nouveaux terrains pour y loger les requérants d’asile.»