Alors que le canton présente aujourd'hui des comptes d'Etat déficitaires, la Ville de Genève affiche pour sa part des comptes 2002 positifs. En dépit du recul de près de 15% des rentrées fiscales des personnes morales, la municipalité dégage pour l'année dernière un excédent de revenus de 53,6 millions de francs. Les turbulences des marchés boursiers ont certes affecté les Finances municipales, mais la Ville est parvenue à compenser les baisses des recettes fiscales issues des milieux bancaires, notamment par un accroissement sensible de la masse de contribuables (+2000 postes de travail).

Hormis les impôts, les revenus des biens ont augmenté de 14%. En l'occurrence, l'Hôtel Métropole, qui appartient à la Ville, a publié de bons résultats en raison de la présence du roi Fahd d'Arabie saoudite à Genève pendant plusieurs semaines.

Grâce à un excédent de financement des investissements de 83 millions permettant un degré d'autofinancement de 207%, plusieurs emprunts ont pu être remboursés. La dette de la Ville de Genève a pu être réduite de 100 millions de francs et ramenée à 1,7 milliard. «Nous avions pourtant prévu de rembourser 25 millions par année sur quatre ans. Nous avons dès lors atteint la cible en une seule année», relève Pierre Muller. Ce dernier admet toutefois qu'il faudra améliorer le ratio de l'endettement pour pouvoir espérer modifier la notation de la Ville de Genève (AA–) auprès de l'agence Standard & Poor's, une notation qui révèle le degré de solvabilité des institutions examinées et qui est déterminante dans l'octroi de bonnes conditions d'emprunt. Avec 78 millions d'investissements, la municipalité est restée bien en deçà des 155 millions prévus annuellement. Quant aux charges de fonctionnement, elles demeurent stables en dépit de la création de 100 postes supplémentaires.