Formation policière

Genève reste à Savatan mais exige des changements

Genève continuera de former ses policiers sur le nid d’aigle vaudois, mais veut que l’Académie de police modifie son plan d’études et sa pédagogie incarnés par son controversé directeur, Alain Bergonzoli. Vaud obtempère

Genève continuera d’envoyer ses policiers se former à l’Académie de police de Savatan. Le principe de pérenniser cette collaboration a été entériné, a communiqué vendredi le Conseil d’Etat. Le canton exige en contrepartie que la formation soit adaptée à ses besoins, la pédagogie mise au goût du jour et le coût par élève tenu sous contrôle. S’agissant du plan d’études, Genève demande en particulier que soit renforcé le nombre d’heures consacrées à la procédure pénale (auditions) et à la police de proximité.

Genève a rejoint en 2016 l’Académie de Savatan, où étaient déjà formés les policiers vaudois et valaisans. Cette décision n’avait pas été prise de gaîté de cœur, mais pour des raisons financières, un maintien à Genève impliquant un coûteux agrandissement du centre de formation de Carouge. Grâce à ce ralliement, l’Académie de police forme 80% des policiers romands.

Sous le feu des critiques

Mais depuis lors, les critiques visant l’école et son directeur, Alain Bergonzoli, n’ont pas cessé, venant de Genève notamment. L’ancien patron de la gendarmerie vaudoise se voit reprocher son esprit militaire, son goût de l’uniforme, son pilotage sur le nid d’aigle chablaisien d’une pédagogie éloignée des besoins urbains.

A Lausanne, la conseillère d’Etat Béatrice Métraux et le Conseil de direction de l’Académie saluent la décision genevoise. Grâce à celle-ci, entre 150 et 180 aspirants continueront de suivre chaque année à Savatan les cours menant au brevet fédéral de policier.

Nouveau code général de formation

Quant aux changements réclamés par Genève, dont certains sont déjà prévus par le nouveau code général de formation (CGF 2020), Vaud s’y rallie entièrement. Le code des valeurs de l’école sera revu, énumère Béatrice Métraux dans son communiqué, l’identité institutionnelle de l’Académie sera remise à jour durant les prochains mois, les réflexions sur un logo commun et sur l’uniforme de travail sont en cours.

La plus forte implication de Genève à Savatan se traduira par la présence d’un officier supérieur de la police genevoise dans l’état-major. Reste à savoir si la «transformation» de l’école demandée par Genève peut être pilotée par un directeur qui semble désormais incarner le passé.

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