La métamorphose de la caserne des Vernets est à bout touchant. Dès jeudi, le lieu désaffecté, réquisitionné par la ville de Genève à la mi-mars, pourra accueillir quelque 250 sans-abri, particulièrement vulnérables face à l’épidémie de Covid-19. Une réponse à l’urgence sociale majeure, qui vise aussi à anticiper un confinement total. Pour gérer le dispositif, qui comprend un bâtiment de 30 chambres individuelles réservées aux personnes contaminées ou présentant des symptômes, les collaborateurs du Service social, des agents de la protection civile ou encore des pompiers sont mis à contribution. Médecins sans frontières a également offert son expertise pour déterminer des protocoles sanitaires à même de garantir la sécurité des bénéficiaires et des employés.

Nettoyage du réfectoire, peinture des murs, installation de machines à laver ou encore tracés au sol pour respecter les distances de sécurité: on s’active dans les lieux encore déserts en ce mardi matin glacial. Depuis deux semaines, une vingtaine d’entreprises privées ont été engagées pour remettre en état la caserne désaffectée. «Impossible de chiffrer le coût de ces travaux», confie Esther Alder, cheffe du Département de la cohésion sociale et de la solidarité, qui espère néanmoins un «geste de solidarité» des communes, du canton, voire de la Confédération, une fois la crise sanitaire passée.

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«Empêcher la propagation du virus»

La transformation de la caserne en lieu d’hébergement d’urgence découle en effet du plan catastrophe Orcoc de la ville de Genève. «Elle vise à améliorer la prise en charge des plus fragiles d’entre nous qui ne doivent pas être oubliés en ces temps difficiles, mais aussi à empêcher la propagation du virus», souligne la magistrate, dont le mandat prend fin en mai. Les abris PC et des salles de gymnastique, qui avaient récemment été réaménagés pour limiter la promiscuité, fermeront à la fin de la semaine.

Destiné aux adultes, hommes et femmes bénéficiant de dortoirs séparés, le lieu ne s’adresse en revanche pas aux personnes toxicodépendantes ni aux mineurs non accompagnés; la ville considérant que ces populations dépendent du canton. Pour l’heure, difficile d’imaginer les vastes couloirs remplis de monde. «L’un des grands défis consistera à instaurer un cadre de vie digne et respectueux des règles d’hygiène pour le bien de tous, souligne Philipp Schroft, chef du Service social de la ville de Genève. Le lavage des mains sera notamment obligatoire à chaque entrée ou sortie et entre les repas.» Le soir, les arrivées ne seront plus acceptées après 22h, sauf exception. En fonction de l’affluence, la capacité d’accueil de la caserne pourra être étendue à 400 places.