Le fragile consensus politique qui aura prévalu quelques mois autour d’une nouvelle loi sur la mobilité à Genève s'est effrité mais a tenu bon. Vendredi soir, le Grand Conseil a finalement approuvé ce plan d'actions destiné à fluidifier la circulation dans le canton par 57 voix contre 33.

En gestation depuis presque une année au sein d’une sous-commission du Parlement, le projet vise à donner des lignes directrices en matière de politique de mobilité que doit mener le gouvernement. Afin de décongestionner le trafic d’un canton qui ne compte plus ses embouteillages quotidiens, le texte procède notamment à un découpage du canton en zones dans lesquelles des types de transport se voient attribuer la priorité. Ainsi les zones denses (centre-ville et centres des communes suburbaines) sont tournées vers les transports publics et la mobilité douce. 

Le macaron pour les deux-roues motorisés passe aux oubliettes

L'une des propositions les plus décriées du paquet n'a pas été retenue: celle de l'introduction d'un macaron annuel pour les deux-roues motorisés qui voudraient accéder au centre-ville. PLR et MCG n'en ont finalement pas voulu. La disparition de cette taxe, entre autres, a convaincu des Verts genevois - "trahis" selon les propres termes du député écologiste Mathias Buschbeck - de maintenir leur initiative "Pour des transports publics plus rapides", qui sera donc soumise à votation cantonale le 5 juin 2016. Face à elle, le texte voté par le Parlement cantonal officiera comme contre-projet.

Conseiller d’Etat chargé du dicastère des transports, Luc Barthassat n’a pas caché sa joie quant à l’approbation d’une législation en partie concoctée par ses services. Ce projet «donne un cadre d’intervention à l’Etat», estime le démocrate-chrétien aux yeux desquelles une politique du "coup par coup" en matière de transports ne "suffit plus".